Commentaire composé : vos preuves ? Les remarques formelles

Elles appuient vos dires. Vous devez, une fois qu’elles sont décelées, réfléchir à leur impact, à l’effet que l’on peut supposer avoir été recherché par l’auteur (pour les infantiles incultes qui demandent si l’écrivain a pensé à tout ce que trouve l’enseignant (étymologiquement : « celui qui met en signe ») dans un texte ; en fait, plus on a à dire, plus cela prouve la qualité littéraire du texte étudié…

I)                En poésie

a)    Versification

·       Type de strophe (dizain, huitain, sizain, quintil quatrain, tercet, distique) 

·       Structure des rimes (croisées, plates, embrassées)

·       Alternance des rimes (masculines/féminines)

·       Rythme du vers (alexandrin, endécasyllabe, décasyllabe, ennéasyllabe, octosyllabe, heptasyllabe, hexasyllabe, pentasyllabe) ; de même les accents, donc les mesures, par ex. trimètre ou tétramètre dans un alexandrin.

·       Valeur des rimes (pauvre, suffisante, riche, léonine)

b)    Syntaxe

·       Rejet, contre-rejet, enjambement

·       Blanc de vers incongru, césure plus ou moins à l’hémistiche, correspondant ou non à une pause phono-sémantique

 

II)               Partout, prose comme poésie.

a)    Sons : nombre de syllabes dans les éléments d’une accumulation, les répétitions, voire les anaphores (=répétition du même élément grammatical), les échos : harmonie « imitative » par les voyelles, cf. le triangle vocalique ; allitération par les consonnes (occlusives labiales=[bmp], dentales, [dtn] ; gutturales ou vélaires=[gkñ], non-occlusives sifflantes [sz], chuintantes [ƒ=ch,j], liquides [r,l]) les homéotéleutes, les paronomases : « à bon chat bon rat », les polyptotes : utilisation de la même racine pour plusieurs mots, ex. : « mort, mortel, mourir »

L’ellipse (=sous-entendu) correspond à une absence… de son !

b)    Vocabulaire utilisé : champ lexical à partir des noms, adjectifs, adverbes, verbes, niveau de langue (relevé, familier, vieux, etc.), néologisme, archaïsme, gradation, antithèse (opposition sémantique), oxymore (alliance de deux termes contradictoires : « boucherie héroïque, blancheur grisâtre »), litote : dire le moins pour signifier le plus, antanaclase : reprendre un même mot dans un sens différents, ex.: « le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas », antiphrase : dire le contraire de ce que l’on pense, hyperbole : exagération manifeste, prétérition : dire que l’on ne va pas le dire et le faire quand même, réticence : se taire, en laissant flotter un silence éloquent, per ex.: vous…,

c)    Constructions syntaxiques diverses :

comparaison qui implique in indicateur entre le comparant et le comparé, ex. : « comme, à l’instar de, tel » ; la métaphore ne garde que le comparant ; si elle se poursuit, elle est dite « filée » ; personnification : un objet, une réalité est transformée en personne ; dans l’allégorie, l’idée est anthropomorphisée ; dans le symbole, l’objet est porteur d‘une idée abstraite, ex. : la rose pour le socialisme. La synecdoque évoque la partie pour le tout : « fer » pour « épée » ; métonymie : implique un rapport de contiguïté : « Bordeaux » pour le contenu d’une bouteille de B ; périphrase, désigne par une définition, ex. : « la fin de ses malheurs » pour la mort ici euphémique, car une réalité désagréable peut être présentée de façon méliorative, laudative, positive (cf. leurs antonymes : péjoratif, dépréciatif, négatif). L’ordre des mots : chiasme, inversion, parallélisme et hyperbate ; syntaxe troublée : prolepse, anacoluthe, asyndète, polysyndète sans oublier les conjonctions de coordination : « mais, ou, et, donc, or, ni, car » ou les locutions conjonctives : « pourtant, cependant, néanmoins, en effet, par conséquent », etc. qui donnent une architecture cohérente, voire contraignante à un raisonnement ou une présentation. Comme les conjonctions de subordination…

La modalité des phrases : déclarative, interrogative (totale ou partielle), impérative (ou jussive), exclamative.

La longueur relative des phrases : courtes, longues, en période, balancées…

Les circonstants spatio-temporels…

Les verbes d’état et d’action… les verbes d’incise (dit-il, etc.)

Les personnes utilisées, les styles direct (avec dialogue, par ex.), indirect, indirect libre.

Focalisation interne, externe ; narrateur omniscient.

Le type de phrases : nominales, verbale, adjectivale, à présentatifs : « c’est, il y a »

Mode des verbes : indicatif, subjonctif, impératif.

Temps des verbes : présent (de vérité générale), imparfait de durée ou de narration, passé simple historique.

Utilisation des démonstratifs qui « incarnent », donnent toute sa présence à l’objet désigné.

Rappel : l’humour, c’est présenter les choses comme elles sont et faire semblant de trouver cela normal, avec un flegme anglais impavide, l’ironie, c’est les présenter telles qu’elles devraient être.

Ne pas oublier les registres : tragique, pathétique, élégiaque, lyrique, réaliste, fantastique, ironique, humoristique, comique, obscène.