bac latin écrit et oral, sessions 2010 et 2011

 

Le programme, la démarche

1        Textes, genres, références historiques et culturelles 2 l’art d’aimer, Ovide

La liste des textes est donnée à titre indicatif et non limitatif. Elle favorise les parcours personnels des enseignants. Le professeur organise son projet pédagogique annuel autour des entrées (interrogations philosophiques ; interrogations scientifiques ; interrogations politiques ; œuvre au programme) et des sous-entrées (par exemple, pour interrogations philosophiques : choix de vie, construction de soi ; épicurisme et stoïcisme) :

Mise en œuvre du programme de terminale

Séquences

Trois séquences au minimum :
- une séquence sur l’œuvre au programme
- deux séquences portant sur deux entrées différentes parmi les trois autres.

Contenu de la séquence

- Une sous-entrée au moins (ou combinaison de plusieurs sous-entrées)
- Groupement de textes (ou œuvre intégrale) : 4 à 6 textes (de longueur variable)
- Prolongements au choix

 

 

entrée 1,  philosophie

entrée 2, sciences

entrée 3, politique

entrée 4, l’art d’aimer

1 Interrogations philosophiques
a. Choix de vie, construction de soi
Par exemple
Cicéron, Des Termes ultimes des biens et des maux, V ; Tusculanes V, 1-25 ; 72.
Ovide, Métamorphoses XV, 60-478.
Lucrèce, De la nature des choses, III, 931-1094.
Sénèque, La Tranquillité de l’âme, 11-17 ; La Brièveté de la vie ; La Vie heureuse, 1-5, 20-24 ; Lettres à Lucilius, VIII, 74.
Augustin, Confessions VIII, 8-12 ; La Vie heureuse, 1,1-4.

Prolongements :
Œuvres antiques grecques : Épictète, Manuel ; Plutarque, De la tranquillité de l’âme.
Œuvres modernes Montaigne, Essais II, 1, 5, 20 ; III, 9 ; Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien.
b. Épicurisme et stoïcisme
Par exemple
Lucrèce, De la nature des choses, I, 50-101 ; II, 1-141 ; 216-290.
Sénèque, Des Bienfaits, III, 3 ; Lettres à Lucilius, VI, 56 ; IX, 76 ; XIX-XX, 110, 120.

2 Interrogations scientifiques
a. Sciences de la vie
Par exemple
Lucrèce, De la nature des choses, IV, 823-1054.
Celse, La Médecine, préface, I, 1,1-3.14 ; II, 2, 2-7).
Cassius Félix, La Médecine I, 1.
Pline l’Ancien, Histoire Naturelle (zoologie : 8-11, botanique : 12-15).
Pline le Jeune, Lettres VI.16 et 20.
Prolongements :
Œuvres antiques grecques : Hippocrate, Le Serment, De l’art, De la maladie sacrée ; Galien, Utilité des parties, I.
Œuvres modernes : Rabelais, Pantagruel, XXIX (Pantagruel malade), Tiers Livre, XXXI- XXXIII, les conseils de Rondibilis médecin, XLIX-LI, le Pantagruelion ; Descartes, Traité de l’homme.
b. Astronomie
Par exemple
Lucrèce, De la nature des choses, V, 509-770 et VI, 1-534.
Cicéron, Aratea.
Virgile, Géorgiques 1.
Hygin, L’Astronomie, préface, I, 1-5 ; II.1-4.
Sénèque, Questions naturelles, II, 31-36 et VII, 1-3
.
Prolongements :
Œuvres antiques grecques : Pseudo-Aristote, Du monde.
Œuvres modernes : Pascal, Préface sur le traité du vide, Conclusion des deux précédents traités ; Hugo, La Légende des siècles : «L’abîme», «Plein ciel» ; Toute la Lyre : «Le calcul» ; Contemplations : «Explication», «Magnitudo parvi», «Saturne».


3 Interrogations politiques

idéal et réel

laudatores temporis acti

changements


a. Idéaux et réalités politiques
Par exemple
Cicéron, La République, VI (Le Songe de Scipion).
Un groupement de textes sur les Gracques, notamment Salluste, Guerre de Jugurtha, XLI-XLII ; Pseudo-Salluste, Lettre à César, VIII ; Cicéron, Pour C. Rabirius Postumus, 12-15 ; Pour Sestius, 101-105 ; Rhétorique à Hérennius.
Augustin, La Cité de Dieu IV.3-4.
Thomas More, Utopie.
Prolongements
Œuvres antiques grecques : Appien, Guerres civiles ; Plutarque, Vie des Gracques.
Œuvres modernes : Rousseau, Du Contrat social, Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes ; Musset, Lorenzaccio.

b. La notion de décadence : le mythe de l’âge d’or et l’idéalisation du passé
Par exemple
Ovide, Métamorphoses, I, 89-162.
Salluste, Conjuration de Catilina, 8-13.
Sénèque, Lettres à Lucilius, 18, 27, 47, 86, 95, 97, 104, 114, 122.
Tacite, Annales, III, 17-18 ; III, 55 ; XI, 24 ; XIV, 14-15 ; XIV, 20-21 ; XV, 41-44 ; Histoires, I, 2-3 ; I, 16 ; I, 85-86 ; II, 20.
Suétone, Tibère, 58-59 ; Néron, 11-12 ; Vitellius, 11-13 ; Domitien, 4.
Virgile, Géorgiques, I ; Énéide IV
.
Prolongements :
Œuvres antiques grecques : Hésiode, Les Travaux et les jours, v. 109-201.
Œuvres modernes : Montesquieu, Grandeur et décadence des Romains ; Diderot, Supplément au voyage de Bougainville ; Nerval, Les Chimères, «Delfica».
Œuvres artistiques : Ingres, L’Âge d’or, Château de Dampierre.
c. Mutations culturelles et religieuses
Par exemple
Virgile, Bucoliques, IV
Pline, Histoire naturelle, II, 5.
Ammien Marcellin, Histoires, XXII, 5, 10, 12, 14 ; XXV, 2.
Augustin, De la doctrine chrétienne II, 24-63 ; La Cité de Dieu, IV, 30.
Jérôme, Lettres, II, 39, 43, 52 (paragraphes 3 et 8-9) ; III, 60, 66.
Prolongements :
Œuvres antiques grecques : Basile, Lettre aux jeunes gens sur la manière de tirer profit des lettres helléniques.
Œuvres modernes : Chateaubriand, Le Génie du christianisme (Deuxième partie, Livre 4, chapitres 1-4) ; Rousseau, Émile, «La Profession de foi du Vicaire savoyard».

4 Lecture de l’œuvre mise au programme
L’œuvre mise au programme relève du genre théâtral, poétique ou romanesque. Le programme est révisable tous les deux ans.
C’est sur l’œuvre mise au programme que porte exclusivement l’épreuve écrite obligatoire et de spécialité, en série littéraire.
L’œuvre est lue dans son intégralité, dans le texte traduit, et étudiée dans son ensemble ; de façon privilégiée, des extraits, choisis pour leur importance ou leur représentativité, font l’objet de traductions et d’analyses précises ; contextualisés, ils sont mis en perspective avec d’autres passages de l’œuvre.
Comme les élèves l’ont fait depuis la classe de cinquième, ils continuent, à l’occasion de la lecture des textes, à découvrir les expressions artistiques romaines en référence au programme (statuaire, peinture, sculpture), en utilisant les ressources documentaires les plus variées. On trouvera sur le site Musagora un répertoire des principales bases de textes et d’images :
http ://www.educnet.education.fr/musagora/ressources.htm

donc, en 2009-2011 : L’art d’aimer, Ovide, ARS AMANDI

la démarche, attendue : écrit, oral ; commentaires et recommandations

imposée, tirée du Bulletin officiel n°15 du 9 avril 2009

«  L'évaluation des langues et cultures de l'Antiquité au lycée

Elle comporte trois épreuves : l'épreuve obligatoire et de spécialité, en série L, qui est une épreuve écrite, et les deux épreuves orales, soit de contrôle du second groupe en série L, soit l'épreuve facultative pour les séries L, S et ES. En application du programme de langues et cultures de l'Antiquité (arrêté du 24 juillet 2007 publié B.O. n° 32 du 13 septembre 2007) l'épreuve écrite porte exclusivement sur la troisième entrée, c'est-à-dire sur l'œuvre mise au programme, qui sera renouvelée tous les deux ans. En revanche, l'épreuve orale porte obligatoirement sur les trois entrées inscrites dans le programme de la classe terminale. Aussi le candidat à une épreuve orale devra-t-il être en mesure de fournir à l'examinateur une liste de textes organisée selon chacune de ces trois entrées. À cette fin, dans le cadre de la classe, le professeur sera attentif à faire étudier des groupements de textes et/ou des œuvres se référant explicitement et de façon équilibrée aux trois entrées. »

 

Épreuve écrite

Epreuve obligatoire et épreuve de spécialité

Durée : 3 heures

Coefficient : 4

L'épreuve porte sur un extrait ou deux extraits de l'œuvre inscrite au programme de la classe terminale et renouvelée tous les deux ans. L'épreuve est divisée en deux parties. Le dictionnaire est utilisé pour chaque partie. Le support de l'épreuve est un extrait d'une trentaine à une quarantaine de lignes ou vers (selon la nature et la difficulté du texte) accompagné d'une traduction, placée en regard du texte latin ou grec, à l'exception d'un passage consacré à la version, tiré lui aussi de l'œuvre au programme. Après une lecture attentive du texte et de sa traduction, le candidat réalise, selon l'ordre qui lui convient, les deux parties de l'épreuve :

- Questions (60 points) : trois questions sont posées sur le texte ; les deux premières sont évaluées sur 15 points, la troisième sur 30 points.

La première question porte sur un fait de langue - morphologie, syntaxe, lexique - constitutif du système linguistique grec ou latin et cherche à en évaluer l'acquisition ; elle demande au candidat d'observer, de repérer, d'analyser ou encore de procéder à des transpositions variées. La deuxième question porte sur une comparaison de traductions, qui nécessite la mise en œuvre de compétences linguistiques en grec, ou en latin, et en français. La troisième question porte sur le sens du texte et sa qualité littéraire ; elle conduit le candidat à adopter une démarche de commentaire ; elle établit nécessairement un lien entre le texte et l'œuvre au programme à laquelle il se réfère ; elle invite aussi le candidat à relier ce texte à des textes ou à des œuvres artistiques qui, au cours des siècles, en sont les prolongements. De façon complémentaire, elle évalue des compétences d'ordre linguistique et littéraire.

- Version (40 points) : Elle porte sur un extrait appartenant au texte (éventuellement à son contexte immédiat). Cet extrait comprend de 50 à 60 mots selon la nature du texte et les difficultés du passage. »

Épreuves orales 

  • Épreuve de contrôle du second groupe, série L
    Temps de préparation : 30 minutes
    Durée : 15 minutes
    Coefficient : 4
  • Épreuve facultative, séries L, S et ES
    Temps de préparation : 30 minutes
    Durée : 15 minutes

Le candidat fournit à l'examinateur la liste des textes (environ 200 vers ou lignes) étudiés pendant l'année terminale, organisée selon les entrées inscrites dans le programme de la classe terminale. Cette liste est signée par le professeur et visée par le chef d'établissement.

Le candidat dispose d'un dictionnaire latin-français ou grec-français pendant le temps de préparation.
L'examinateur choisit dans la liste présentée par le candidat un texte d'une vingtaine de lignes ou de vers. 

Préparation

a) L'examinateur propose au candidat un passage représentant environ le quart du texte retenu ; le candidat devra traduire ce passage. 
b) Le candidat doit préparer un commentaire de l'ensemble du texte retenu en le mettant en perspective avec l'entrée du programme correspondante.
c) L'examinateur propose d'autre part deux à trois lignes ou vers extraits d'un texte non préparé pendant l'année et ne figurant donc pas sur la liste du candidat, accompagné d'une traduction. Cet "exercice sur texte et traduction" relève de la même entrée du programme que le texte retenu initialement. Le candidat devra montrer comment il s'approprie le texte latin ou grec à l'aide de la traduction et faire les remarques qu'il juge nécessaires.

Interrogation

a) Le candidat situe, lit et traduit les lignes ou vers choisis par l'examinateur.
b) Le candidat commente l'ensemble du texte retenu en le mettant en perspective avec l'entrée du programme correspondante.
Un temps d'entretien permet alors à l'examinateur de revenir sur un point ou deux de la traduction ou du commentaire.
c) Enfin, le candidat analyse et apprécie la traduction du passage non préparé pendant l'année.

L'examinateur propose une note globale qui évalue les compétences de lecture et prend en compte :

  • les connaissances linguistiques du candidat ;
  • sa capacité à mobiliser sa culture générale sur les entrées du programme de la classe de terminale ;
  • sa capacité de réaction face au texte non préparé pendant l'année accompagné de sa traduction, et la qualité de son appropriation du texte.
    Cette dernière appréciation ne peut qu'ajouter des points dans la note finale.


Commentaires et recommandations

Épreuve écrite 

Les deux premières questions sont d'ordre linguistique (morphologie, syntaxe, lexique) et portent sur des occurrences significatives ou sur un point précis du texte. Elles doivent permettre de découvrir et de commenter un effet, un sens. La troisième question en revanche demande au candidat d'effectuer un commentaire orienté par le libellé, de tout ou partie du passage, qui soit étayé et organisé
 
Le candidat est libre de réaliser l'exercice de version au moment qui lui convient : si l'extrait retenu pour la version est situé en fin de texte, il peut être traduit en fin d'épreuve ; mais un extrait situé en début de texte devra sans doute être traduit en deux temps, en début d'épreuve pour le découvrir, en fin d'épreuve pour le relire en fonction de l'étude de l'ensemble du texte. Dans tous les cas de figure, la version étant un exercice de traduction d'un texte inscrit dans un contexte, le candidat tirera profit de l'étude de ce contexte.
Il est possible que le texte de version appartienne non pas au texte lui-même mais aux lignes qui le suivent immédiatement. C'est parce que l'extrait retenu semble trop difficile pour un exercice de version que la liberté est laissée aux concepteurs du sujet de choisir le texte de version dans la suite immédiate du passage, mais dans les deux cas l'objectif est le même : proposer à la traduction un extrait qui s'inscrit dans la continuité de l'ensemble.

Épreuves orales 
Le candidat se présente à l'oral avec les supports sur lesquels il a travaillé pendant l'année : son manuel, ou le corpus de textes proposés par son professeur, ou les deux à la fois. La présentation des extraits est donc variée : selon les manuels et selon le choix des professeurs, certains sont des textes "nus", certains sont accompagnés de notes, d'introduction et de commentaires, certains sont accompagnés d'une traduction. L'examinateur respecte cette diversité, et ne cherche pas à masquer, par un moyen ou par un autre, une partie du support présenté par le candidat.
L'examinateur évalue "la qualité de l'appropriation du texte original par le candidat" : cette évaluation se fait dans tous les cas de figure, que l'extrait à traduire par le candidat soit "nu", accompagné de notes ou d'une traduction. En effet, la lecture précise des groupes de mots bien séquencés est une première indication sur la compréhension réelle du texte original par le candidat, leur traduction ensuite dans une langue française précise et juste apporte une deuxième indication.
Il n'y a pas à attendre de traduction originale, puisqu'elle aura nécessairement été préparée pendant l'année avec le professeur.
Le commentaire du texte choisi par l'examinateur, commentaire qui s'ouvre sur l'entrée du programme auquel ce texte se réfère, est un moment essentiel de l'interrogation orale et aucun candidat ne doit être privé de cet exercice.
Le candidat est libre de circuler dans son manuel ou dans son corpus de textes au moment de préparer son commentaire comme au moment de le réaliser devant l'examinateur.
L'exercice sur texte et traduction intervient dans la dernière partie de l'interrogation orale et n'appelle pas de corrigé. Le candidat émet un avis argumenté sur la traduction du court passage qui lui est proposé, cet avis pouvant être une appréciation des qualités de la traduction, une critique de certains de ses éléments, ou encore une interrogation sur un ou des choix du traducteur. Ces réactions peuvent être d'ordre lexical, grammatical, syntaxique, stylistique, esthétique.

Pour le ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
et par délégation,
Le directeur de l'enseignement scolaire
Jean-Paul de GAUDEMAR

http://www.education.gouv.fr/bo/2003/21/ensel.htm

 

 

On peut se reporter au document d'accompagnement (CNDP - août 2001) 
et aux "Annales zéro" (Inspection générale - juillet 2003). Attention : téléchargement assez long (*pdf 616 Ko)