Le texte que nous présentons est issu de la numérisation par itinera electronica de l'édition Nisard (XIXe); cette dernière,
fautive parfois, n'a pas été contrôlée lors de sa bascule sur le net, d'où des coquilles
supplémentaires... et cette nouvelle édition, dûment corrigée par le truchement d'une collation soigneuse 
sur celle de Henri Bornecque (Budé «Les Belles Lettres», 1923)
nb : suite à des stratifications informatiques hétéroclites, le fichier html final a été extrêmement manipulé… Afin d’éviter
 d’autres crises de nerf, il est téléchargeable sous… Word pour appropriation personnelle (désolé, je n’ai pas le temps de
 faire une bascule sous Open office,  j’ai franchement honte…)
 
P. OVIDII NASONIS ARTIS AMATORIAE
 
LIBER PRIMVS, v. 1 – 40
 
Avant-propos : nous aurions pu nous contenter d’aller jusqu’au v. 34, vu l’encadrement par CARMINE (v. 2 et 34 !), mais
 c’eût été nous priver, dans l’optique du bac, de l’annonce du plan qui n’est pas sans écho avec ce qui précède, comme
 le montre notre commentaire…
 

le texte

ses traductions

critiques

scansion

Mot-à-mot

Mot-à-mot commenté

commentaires

 
Quelques sites en apéritif :
l’élégie et la poésie didactique, pour approfondir la réflexion : 
http://dictynna.revue.univ-lille3.fr/1Articles/1Articlespdf/fabre-serris.pdf 
 
la chronologie personnelle d’Auguste, avec sa titulature : 
 http://www.mediterranees.net/histoire_romaine/empereurs_1siecle/auguste/chronologie.html  
 
la biographie d’Ovide sur un site reconnu par ses pairs : 
http://remacle.org/bloodwolf/poetes/Ovide/intro.htm  ]
 
introduction: le texte (bac oral : dont nous allons vous lire les vers à traduire) est tiré du premier des trois livres de 
L'Art d'aimer d'Ovide.
Notre auteur, né en 43 av. J.-C., a alors dépassé la quarantaine quand il compose et publie son Traité de l'Amour, 
stricto sensu, et, pour le commun des mortels, son Art d’Aimer, titre moins rébarbatif, transcription littérale 
d’Ars Amatoria ; de fait, cette appellation, vu la matière étudiée, ne manque pas d’humour, puisque le terme Ars 
était habituellement utilisé pour les ouvrages techniques, à visée didactique, comme les traités de rhétorique (art de
 parler) ou de grammaire, donc de vrais pensums (ou pensa ?), rigoureux, stricts et… ennuyeux. Ce qui est loin d’être le
 cas de cette œuvre, ne serait-ce que par la vivacité, pour ne pas dire l’alacrité, des distiques élégiaques, propres à ce 
genre littéraire ; Non sans son habilité coutumière, Publius Ovidius Naso invite son lecteur, MILES au vers 36 (amoris), au 
jeu et à la joie d’amour, à toucher le plus outre ; d’après lui, ce ne sont pas les dames (pour reprendre la terminologie 
courtoise), les matrones respectables, qu’il entend nous permettre de mettre à mal (à mâle…), mais les affranchies… Si 
Auguste fut, semble-t-il, un temps la dupe d’un tel propos, le succès de l’œuvre, comme l’attestent des graffitis 
postérieurs de Pompéi, le détrompa et, dans le droit et constant fil de sa restauration de la Patrie, en digne PATER 
PATRIAE en -2 (étant passé d’Octave, en fait chef impitoyable et lâche, à Auguste en -27 après sa victoire totale sur 
Antoine et Cléopâtre à Actium en -31), il le fit payer au poète d’un exil définitif aux confins barbares de l’Empire, dans le 
Pont, en l’an 8 (quelles qu’en soient les raisons anecdotiques, réservées aux controverses érudites qui font les délices des 
préfaciers)…
Ne faisons pas autant de ce texte un ouvrage subversif : c’est, plus piètrement, que les adeptes d’un MOS MAJORUM 
même pas idéalisé, mais «idéologisé», n’ont jamais le sens de l’humour, donc de la mesure.
NDLR : de facto, crient au crime de lèse-majesté, réclament des condamnations pour délit d’outrage alors qu’eux-mêmes 
sont les fauteurs, par leur politique et leur comportement empreint d’hybris, des troubles qu’ils dénoncent. Honni soit qui 
offense !
 
    Texte :
 
    SIQUIS IN HOC ARTEM POPULO NON NOVIT AMANDI,
 
         HOC LEGAT ET LECTO CARMINE DOCTUS AMET.
 
    ARTE CITAE VELOQUE RATES REMOQUE MOVENTUR,
 
         ARTE LEVIS CURRUS. ARTE REGENDUS AMOR. 
 
    CURRIBUS AUTOMEDON LENTISQUE ERAT APTUS HABENIS ;                     5              
 
         TIPHYS IN HAEMONIA PUPPE MAGISTER ERAT ;
 
    ME VENUS ARTIFICEM TENERO PRAEFECIT AMORI ;
 
         TIPHYS ET AUTOMEDON DICAR AMORIS EGO.
 
    ILLE QUIDEM FERUS EST ET QUI MIHI SAEPE REPUGNET,
 
         SED PUER EST, AETAS MOLLIS ET APTA REGI.                                       10          
 
    PHILLYRIDES PUERUM CITHARA PERFECIT ACHILLEM
 
         ATQUE ANIMOS PLACIDA CONTUDIT ARTE FEROS ;
 
    QUI TOTIENS SOCIOS, TOTIENS EXTERRUIT HOSTES,
 
         CREDITUR ANNOSUM PERTIMUISSE SENEM ;
 
    QUAS HECTOR SENSURUS ERAT, POSCENTE MAGISTRO                             15
 
         VERBERIBUS JUSSAS PRAEBUIT ILLE MANUS.
 
    AEACIDAE CHIRON, EGO SUM PRAECEPTOR AMORIS ;
 
         SAEVUS UTERQUE PUER, NATUS UTERQUE DEA.
 
    SED TAMEN ET TAURI CERVIX ONERATUR ARATRO,
 
         FRENAQUE MAGNANIMI DENTE TERUNTUR EQUI,                                   20  
 
    ET MIHI CEDIT AMOR, QUAMVIS MEA VULNERET ARCU
 
         PECTORA JACTATAS EXCUTIATQUE FACES.
 
    QUO ME FIXIT AMOR, QUO ME VIOLENTIUS USSIT,
 
         HOC MELIOR FACTI VULNERIS ULTOR ERO.
 
    NON EGO, PHOEBE, DATAS A TE MIHI MENTIAR ARTES,                              25
 
         NEC NOS AERIAE VOCE MONEMUR AVIS,
 
    NEC MIHI SUNT VISAE CLIO CLIUSQUE SORORES
 
         SERVANTI PECUDES VALLIBUS, ASCRA, TUIS ;
 
    USUS OPUS MOVET HOC: VATI PARETE PERITO;
 
         VERA CANAM ; COEPTIS, MATER AMORIS, ADES.                                   30 
 
    ESTE PROCUL, VITTAE TENUES, INSIGNE PUDORIS,
 
         QUAEQUE TEGIS MEDIOS INSTITA LONGA PEDES.
 
    NOS VENEREM TUTAM CONCESSAQUE FURTA CANEMUS,
 
         INQUE MEO NULLUM CARMINE CRIMEN ERIT.
 
    PRINCIPIO, QUOD AMARE VELIS, REPERIRE LABORA,                                   35
 
         QUI NOVA NUNC PRIMUM MILES IN ARMA VENIS.
 
    PROXIMUS HUIC LABOR EST PLACITAM EXORARE PUELLAM ;
 
         TERTIUS, UT LONGO TEMPORE DURET AMOR.
 
    HIC MODUS ; HAEC NOSTRO SIGNABITUR AREA CURRU ;
 
         HAEC ERIT ADMISSA META PREMENDA ROTA.                                        40
 
Traductions :
Henri Bornecque
               Si quelqu’un de notre peuple à qui l’art d’aimer soit inconnu, qu’il lise ce poème, et, instruit par sa lecture, qu’il 
aime. C’est l’art avec lequel la voile et la rame sont maniées qui permet aux vaisseaux de voguer rapidement, l’art qui 
permet aux chars de courir légèrement : l’art doit gouverner l’Amour. Automédon excellait à manier un char et les rênes 
flexibles; Tiphys était le pilote de la poupe hémonienne. Moi, Vénus m’a donné comme maître au jeune amour ; c’est le 
Tiphys et l’Automédon de l’Amour que l’on me nommera.
               Il est farouche, à la vérité, souvent rebelle à mes leçons ; mais c’est un  enfant, âge souple et qui se laisse 
guider. Le fils de Philyra [Chiron], forma par les sons de la cithare Achille enfant et, grâce à son  art calme, dompta son 
âme farouche. Lui qui terrifia si souvent ses compagnons, si souvent ses ennemis, on croit qu’il trembla devant ce 
vieillard chargé d’années ; ses mains, dont Hector devait sentir le poids, quand son maître le demandait, il les présentait 
aux verges. Chiron fut le précepteur du petit-fils d’Eaque ; je suis, moi, celui de l’Amour. Tous deux sont redoutables, 
étant nés tous deux d’une déesse. Mais le taureau [malgré son caractère] finit par prêter sa nuque au poids de la charrue 
et les freins sont rongés par la dent du cheval plein d’ardeur. De même l’Amour m’obéit, bien qu’il me perce le cœur de 
ses flèches, et qu’il agite et brandisse ses torches. Plus violemment l’Amour m’a transpercé, plus violemment il m’a 
embrasé, mieux je saurai me venger des blessures qu’il m’a faites.
               Je n’irai pas, Phébus, prétendre faussement que tu m’as inspiré ce traité ; ce ne sont pas non plus les chants ni 
les vols d’un oiseau qui m’ont instruit ; je n’ai pas vu Clio ni les sœurs de Clio, pendant que je gardais les troupeaux dans 
tes vallées, Ascra. C’est l’expérience qui me dicte cet ouvrage : écoutez un poète instruit par la pratique. La vérité, voilà ce 
que je chanterai : favorise mon dessein, mère de l’Amour. 
 
               Loin d’ici, étroites bandelettes, insigne de la pudeur, et toi, volant, qui couvres la moitié des pieds. Ce que nous 
chanterons, c’est l’amour que ne frappe pas la loi, ce sont les liaisons permises ; mon poème n’offrira rien de 
répréhensible. 
               Avant tout, préoccupe-toi de trouver l’objet de ton amour, soldat qui, pour la première fois, affrontes des 
combats où tu es neuf. Consacre tes efforts ensuite à toucher la jeune fille qui t’a plu, et, en troisième lieu, à faire durer 
ton amour. Voilà nos limites ; voilà la carrière où notre char laissera sa trace ; voilà la borne que devra serrer la roue 
lancée à toute vitesse.
 
Marie-Claude Iskikian (édition Nouvelle Librairie de France, 1982)
S’il est dans notre peuple quelqu’un qui ignore l’art d’aimer, qu’il lise ce poème : instruit par cette lecture il pourra s’en 
mêler. C’est un art que de rendre les vaisseaux rapides avec l’aide de la voile et des rames ; c’est un art qui rend les chars 
légers. Il faut que l’art règle l’amour. Automédon avait le talent de conduire un char avec des rênes souples ; Tiphys 
pilotait en maître la nef Hémonienne. A moi Vénus a donné mission d’apprendre son métier au tendre Amour. On me 
nommera le Tiphys et l’Automédon de l’Amour.
               Or mon élève est d’humeur si difficile que bien souvent il me résiste, mais c’est un enfant, âge malléable et qui 
se prête aux leçons. Au son de la cithare, le fils de Phylira, Chiron, mena à bien l’éducation d’Achille, et de cet art la 
paisible harmonie brisa la sauvagerie de cette âme. Ce héros qui tant de fois terrifia ses alliés et ses ennemis craignait, 
dit-on, ce vieillard chargé d’ans, et ces mains dont Hector allait faire l’épreuve, il les présentait, sur la demande du maître, 
docilement aux verges. De l’Éacide Chiron fut le précepteur, moi je suis celui de l’Amour.
               Les deux enfants sont indomptables, car l’un et l’autre sont nés d’une déesse. Pourtant, même le taureau endure 
sur son col le poids de la charrue, et même l’ardent cheval use son mors avec ses dents. Quant à l’Amour, il me cède, lui 
aussi, encore que de ses flèches il me perce le cœur, et qu’il brandisse et agite ses torches. Plus il m’a transpercé, plus il 
m’a embrasé, plus je me vengerai des blessures que je lui dois.
               Je n’irai pas prétendre, O Phébus, que cet Art d’aimer me vienne de toi ; ce serait mensonge. Nul oiseau dans 
les airs ne m’a rien  révélé par ses chants ; je n’ai vu ni Clio ni les Muses, ses sœurs, en gardant les troupeaux dans tes 
vallons, Ascra ; cet ouvrage est sorti de ma seule expérience. Écoutez les conseils d’un expert. La vérité sera le sujet de 
mes chants. O mère de l’Amour, assiste mon projet.
               Arrière, minces bandelettes, insignes de la vertu, et toi, volant, qui descends jusqu’au milieu des pieds. C’est le 
plaisir d’amour sans péril, les fredaines licites que nous allons chanter ; et mon poème ne présentera rien qui choque la 
morale.
I, 1
               En premier lieu, travaille à découvrir une fille que tu acceptes d’aimer, toi qui, soldat nouveau dans la carrière 
des armes, abordes les combats pour la première fois. Ta seconde tâche sera de fléchir celle qui a su te plaire ; la 
troisième sera de faire en sorte que cet amour dure longtemps. Voilà tout mon projet, la carrière où mon char ira, laissant 
sa trace, la borne que mes roues doivent frôler dans leur course éperdue.
 
Critiques :
de la traduction de Bornecque (v. 1 – 10), pour nourrir votre réflexion, ouvrir des horizons, fournir du vocabulaire 
critique… et appréhender la démarche, dans son principe (rassurez-vous: il est peu concevable d’arriver, dans le cadre 
étroit et limité d’un oral, à un tel pointillisme)… Ces commentaires figurent donc ici, non pas qu’il y ait la moindre 
possibilité que ce passage vous soit proposé, mais à titre d’EXEMPLUM, sachant que, pour un correcteur standard, 3 ou 4 
remarques pertinentes, impliquant une bonne perception du passage de 3 ou 4 lignes/vers, remplissent le contrat. 
N’oubliez pas qu’une traduction en mot-à-mot basique permet souvent de dégager de belles perspectives… avec toute 
chance qu’elles soient ovidiennes : vu les conditions de l’oral faites au correcteur (ce masculin est un neutre : il est plus 
fréquent qu’il s’agisse d’une correctrice !), il y a fort à parier qu’il limitera sa proposition à un extrait d’une œuvre d’Ovide, 
autre, bien sûr, que celle au programme !
 
               La traduction de la conditionnelle du premier vers paraît particulièrement contournée, puisque le QUIS sujet 
devient en fait complément d’un adjectif «inconnu» (astuce !), lui-même en lieu et place du parfait NOVIT (n’hésitez pas à 
montrer que vous avez bien compris la syntaxe du passage, si c’est le cas bien sûr : des erreurs de béotien – un verbe ou 
un nom pris pour adverbe, je l’ai vu ! - peuvent vous faire perdre tout crédit, auquel cas, adieu les 3 points de bonus !); il 
n’en reste pas moins que rien n’est perdu, tout est là, (vous nuancez votre premier propos dans un sens positif…) et que 
ceci induit une certaine élégance à laquelle nous sommes sensible, ce d’autant plus que le rythme du vers se veut travaillé 
chez Ovide, avec ses alternances de dactyles et spondées, ses trois césures, et ses disjonctions : ARTEM entre HOC et 
POPULO, le premier avec son gérondif rejeté en fin de vers… Le «notre» renvoie au lecteur et à l’auteur, et s’avère 
judicieux, puisque Ovide joue sur ces deux tableaux avec l’ambiguïté du HOC dupliqué, répétition perdue ici, car le second 
HOC est platement traduit par «ce». Mais reconnaissons qu’il était difficile de faire mieux. «Lire et lecture» sont bien 
venus pour la polyptote LEGAT/LECTO. L’encadrement du vers par les deux subjonctifs LEGAT… AMET est rendu, 
comme attendu, par les deux subjonctifs «qu’il lise et qu’il aime». Les allitérations en liquide [r, l] sont un équivalent 
apprécié de celles en dentales en latin, avec une rime même, un clin d’œil subtil en accord avec l’esprit dont fait preuve 
Ovide : poème/aime. (après ces compliments – car, à l’oral, dans le cadre de la critique d’une traduction – quelle qu’elle 
soit, dite universitaire ou non- vous avez le droit d’être positif, à condition de verbaliser et de justifier votre approbation 
en termes choisis sans vous limiter à des appréciations serviles qui n’apportent rien, offrons-nous une volée de bois vert 
aux dépens du traducteur : Tradutore, traditore !) 
               Hélas, dans les deux vers suivants, les 3 ablatifs qui le scandent (ARTE à l’initiale des vers, puis après la césure 
et une pause phono-sémantique, marquée par les deux points en français) deviennent sujets. Mais si c’est pour mieux 
souligner, par ce truchement, l’action de l’art, de toute façon nous n’échappons pas à un disgracieux passif : «sont 
maniées», ni, en ce début d’ouvrage, à une palanquée de verbes être (en vrac : est, soit, est, sont ). ARS=art ? Nous 
pouvons préférer, à l’heure actuelle en français, le terme «technique», vu le contexte (Sans parler de technique de 
drague…). Le parallélisme des expressions : CITAE RATES/LEVIS CURRUS est perceptible certes, mais au prix de 
l’invention de deux verbes : «voguer/courir» ; les adjectifs s’avèrent lourdement (et non pas «légèrement» pour citer la 
traduction) adverbialisés, tout en étant sensible au fait que Bornecque entendait rendre la valeur performative de ces 
adjectifs. Nous perdons en fait la concision, le style incisif du poète. Constatons qu’après avoir usé et abusé du verbe 
être, le traducteur, au moment où il apparaît textuellement dans le texte, s’en abstient : «excellait» pour : ERAT APTUS, 
même si c’est pour éviter sa répétition, mal sonante en français, vu sa présence au vers suivant. Au détriment du jeu entre 
APTUS adjectif («fait pour, spécialiste») et MAGISTER, nom; nous retrouvons aussi l’explétion déjà regrettée, avec 
derechef, ici, l’invention du verbe «manier». En outre, sans être féru d’équitation, la flexibilité des rênes nous paraît moins 
efficace que leur souplesse : laissons au plombier (polonais ?) les tubes flexibles, un cavalier digne de ce nom préfèrera le 
souple harnachement équestre. C’est encore en cuir… Et regrettons l’ambiguïté de l’expression : «le pilote de la poupe», 
alors que c’est la proue qui fend les flots [même si l’on sait que le pilote est au gouvernail, à l’arrière]. Quelle maladresse ! 
 
 Au mieux, impression de synecdoque. Une traduction mot pour mot, sans chercher de fioritures ni de subtilités gratuites 
est préférable, pour garder le goût de la lettre ovidienne… Donc nous optons pour : «le pilote sur la poupe d’Hémonie», 
 sachant que les adjectifs locatifs, communs en latin, manquent de légèreté en français, fleurent/sentent (puent) à juste 
titre la traduction, ce d’autant plus que notre peuple (sic : HOC POPULO, cf. v. 1) est réputé pour son ignorance en 
géographie : ce n’est pas pour lui lancer des formes alambiquées, Hémonie suffira bien à sa perplexité…
(Repassons aux congratulations)   
               La suite est nettement (si vous voulez être dithyrambique, mais on voit mal pourquoi une traduction serait de 
qualité très inégale…) plus heureuse : l’encadrement des deux vers par ME, cod et EGO est conservé  grâce à, d’un côté 
l’extraposition emphatique du premier, de l’autre, même s’il n’est que cod, au fait d’être l’objet d’une dénomination mise 
en valeur par le présentatif «c’est», déconseillé en général, mais bien utile ici. Le terme «maître» pour ARTIFEX est de bon 
aloi et fleure bon le hussard de la république ; nonobstant, un zeste de pédagogie (qui a bien mauvaise presse chez ceux 
qui en relèveraient pourtant au premier chef !!!) émanerait du terme formateur (Un regret en passant - nostalgie ! : 
PRAEFECIT renvoie au préfet, comme celui des études chères à mes maîtres jésuites, cf. PRAECEPTOR plus loin, v. 17); 
aussi pensé-je à : «m’a confié la formation du jeune» (heureusement pas : «tendre», un faux ami !) «Amour». Ce dernier 
terme a d’ailleurs le tort de ne plus être connu actuellement comme étant le nom du fils de Vénus, d’emblée. La traduction 
contraint à un effort de compréhension. Ne faut-il pas alors privilégier l’appellation : Cupidon ? Immédiatement perçu… Et 
pourquoi ne pas traduire, sans fausse complexité : «on m’appellera le Tiphys et l’Automédon de… l’Amour», si nous ne 
gardons pas Cupidon : la répétition du même terme dans la traduction est ici incontournable, car Ovide tient à cette 
reprise, il faut la garder, même si les redites sont plus anodines, nettement plus fréquentes en latin (effet de la 
rhétorique) : l’attestent la symétrie VENUS/AMORI, la place d’AMORIS au v. suivant en forte disjonction, vu l’écho d’EGO 
après DICAR, l’auteur jouant sur son double sens de fils de Vénus et de la pulsion amoureuse: après AMATORIAE et 
AMANDI, le mot AMOR en fin de v. 4 fait la liaison et permet ce jeu… 
Traduire FERUS par «farouche» relève du lexique vétérinaire et est de toute façon daté maintenant ; vu le succès du film 
de Truffaut et toutes les connotations culturelles (XVIIIe, Topor), le terme «sauvage» s’impose, au risque, il est vrai, de 
trop enrichir le texte. Proposons donc : (ILLE EST) «Il se montreۚ» ( ce verbe pour évoquer le sens emphatique de ILLE, 
tout en évitant un présentatif «c’est» trop anodin par rapport à cet ILLE QUIDEM, ce qui est peut-être trop forcer ; ne faut-
il pas préférer : «Ce dernier est, à dire le vrai» (pour QUIDEM) ?) «sauvage et tel qu’il me repousse souvent», en 
constatant que Bornecque perd la relative consécutive ; la suite s’impose en évidence chez lui, en préférant tout de même 
 «malléable» à  «souple», qui a le tort de mêler le physique au psychique…
«Qui se laisse guider» pour : «propre à être dirigé» en mot-à-mot… Si nous pensons au v. 5, faut-il attendre : 
 «propre/ouvert à la direction/formation» ? 
La suite ad libitum…
  
Scansion :
Il s’agit de distiques (2 vers) élégiaques, donc le premier vers est un hexamètre dactylique, le second un pentamètre. 
Le pentamètre est constant : deux mesures (soit dactyle, soit spondée), les seules que nous indiquerons puisque la suite 
est automatique : une longue avec sa césure, toujours à la penthémimère, deux dactyles, puis la syllabe finale de ce vers, 
qui est, comme ailleurs, longue ou brève ; cette syllabe finale longue, dite indifférente ou anceps quand elle est brève, par 
son addition avec la première longue, donne bien, mathématiquement, un cinquième mètre, d’où la justification pour nous 
de son nom de pentamètre. Pas pour les latins, pour un supplément d’informations, se reporter au traité de métrique 
latine de Nougaret. Ou envoyer un courriel au site ! (nous complèterons alors…)
abréviations utilisées ici : s=un spondée, deux syllabes longues, la première portant l’ictus – temps marqué, temps fort de 
la mesure, battu soit du doigt, soit d’une baguette, soit du pied (ictus=choc du pied sur le sol), d=un dactyle, une longue, 
deux brèves, la longue portant l’ictus, t=un trochée, une longue suivie d’une brève (ici, syllabe anceps), même ictus ; 
ensuite, séparées des abréviations du rythme par une virgule, les césures, t=trihémimère, p=penthémimère, 
h=hephthémimère ; quand il y a une ponctuation à cet endroit, cela correspond à une pause phono-sémantique, ce que 
vous pouvez signaler – sans en abuser et en présentant son impact, son effet. Ici, nous ne vous faisons pas l’affront  de le 
mentionner…
Avec, dans le pentamètre, l pour la syllabe longue, a pour la «syllaba anceps» (indifférente). 
Ainsi, le vers v. 1 se lit : dactyle premier, spondée deuxième, dactyle troisième, spondée quatrième, dactyle cinquième 
 (quasi incontournable), spondée final, avec les trois césures, à la trihémimère, la penthémimère et l’hephthémimère.
 
dsdsds, tph (donc début soigné, avec alternance d/s)   v.1
    ds a
dsdsdt, th 
    ds a
ddsdds, p (élision: qu(e) erat                                        v. 5
    dd a
dddsdt, ph
    dd a
ddsddt, tph
    ds a                                                                          v. 10
dddsdt, tph
    dd l   (atqu(e) animos
dddsds, tph
    ds a
ssdsds, th                                                                    v. 15
     ds, l
dsdsdt, tph
     dd, l
dssdds, tph
     dd, l                                                                        v. 20
ddsdds, ph
     ds, l
sdsddt, ph
     ds, a
ddsdds, ph                                                                  v. 25
     sd, l
dsssds,  tph
     sd, l
dssdds, tp
     ds, a                                                                        v. 30
dsdsdt, tph
     dd, l
dssddt, tp
     ds, a
ddddds, th                                                                    v. 35
     ds, l
dddsdt, tp   où HUIC=1 longue (?)    
     ds, a
dssdds, tp
     ds, l                                                                         v. 40
 
Mot-à-mot :
SIQUIS IN HOC POPULO Si quelqu’un dans ce peuple NON NOVIT ARTEM AMANDI ne connaît pas l’art d’aimer LEGAT 
HOC qu’il lise ceci ET CARMINE LECTO et le poème +une fois+ lu, DOCTUS AMET +devenu+ savant, qu’il aime. RATES 
MOVENTUR CITAE ARTE VELOQUE REMOQUE, Les vaisseaux sont mus rapides/en toute rapidité par la technique, celle 
et de la voile et de la rame CURRUS (MOVENTUR) LEVIS ARTE les chars sont mus légers/à pleine vitesse par la technique 
AMOR REGENDUS ARTE l’amour doit être dirigé par la technique  5 AUTOMEDON ERAT APTUS CURRIBUS LENTISQUE 
HABENIS Automédon était fait pour les chars et les souples rênes  TIPHYS ERAT MAGISTER IN PUPPE HAEMONIA ; 
Tiphys était le pilote sur la poupe d’Hémonie ME VENUS PRAEFECIT ARTIFICEM TENERO AMORI Moi, Vénus m’a confié 
la formation du jeune Cupidon/Amour EGO DICAR TIPHYS ET AUTOMEDON AMORIS. Moi, je serai appelé le Tiphys et 
l’Automédon de l’Amour. ILLE QUIDEM EST FERUS Ce dernier sans conteste est sauvage ET QUI MIHI REPUGNET 
SAEPE, et tel qu’il me résiste souvent SED EST PUER mais c’est un enfant, AETAS MOLLIS âge malléable/modelable ET 
APTA REGI. et qui se laisse diriger 10 PHILLYRIDES PERFECIT CITHARA ACHILLEM PUERUM Le fils de Philyra forma par 
+les sons de+ la cithare Achille enfant  ATQUE CONTUDIT ANIMOS FEROS et il écrasa ses esprits sauvages/la sauvagerie 
de son âme ARTE PLACIDA par +cette+ technique/art qui adoucit. QUI TOTIENS EXTERRUIT SOCIOS, +Lui+ qui tant de 
fois terrifia ses compagnons  TOTIENS HOSTES tant de fois ses ennemis CREDITUR PERTIMUISSE SENEM ANNOSUM il 
est cru/on croit qu’il a redouté un vieillard chargé d’ans; MANUS QUAS HECTOR SENSURUS ERAT Les mains que Hector 
était destiné à éprouver/allait sentir, MAGISTRO POSCENTE son maître les réclamant/à la demande instante de son 
professeur, 15 ILLE PRAEBUIT VERBERIBUS JUSSAS notre héros les fournit/présentait aux coups sur son ordre CHIRON 
AEACIDAE Chiron +le fut+ de l’Eacide EGO SUM PRAECEPTOR AMORIS moi, je suis le précepteur de l’Amour/Cupidon, 
UTERQUE PUER SAEVUS, l’un et l’autre enfants cruels, UTERQUE NATUS DEA, l’un et l’autre nés d’une déesse ; SED 
TAMEN ET (cf. v. 21) CERVIX TAURI ONERATUR ARATRO, Mais, malgré tout, d’un côté (ET) le cou du taureau est chargé 
par +le poids de+ la charrue FRENAQUE TERUNTUR DENTE EQUI MAGNANIMI et les freins/mors sont usés par la dent du 
cheval fougueux 20 ET AMOR MIHI CEDIT et d’un autre côté Amour me cède/ne me résiste pas, QUAMVIS VULNERET 
ARCU MEA PECTORA bien qu’il blesse de son arc mes poitrines/mon cœur EXCUTIATQUE FACES JACTATAS et qu’il 
secoue ses torches brandies +en tout sens+, QUO AMOR ME FIXIT AMOR d’autant plus Amour m’a transpercé, QUO 
VIOLENTIUS ME USSIT d’autant plus violemment il m’a enflammé HOC ERO MELIOR ULTOR VULNERIS FACTI d’autant je 
serai meilleur vengeur de la blessure faite/subie EGO, PHOEBE, NON MENTIAR ARTES MIHI DATAS A TE  Moi, Phébus, je 
ne mentirai pas +en disant que+ mon traité m’a été donné par toi  25 NEC NOS MONEMUR VOCE AVIS AERIAE et nous, 
nous n’avons pas été avertis par la voix d’un oiseau aérien/en vol NEC CLIO CLIUSQUE SORORES SUNT VISAE MIHI ni 
Clio ni les sœurs de Clio n’ont été vues pour ma part/en ce qui me concerne SERVANTI, ASCRA, PECUDES TUIS 
VALLIBUS TUIS ; gardant/ alors que je gardais, Ascra, les troupeaux dans tes vallées; USUS MOVET HOC OPUS 
l’expérience pousse/nourrit cet ouvrage +qui est le mien+ PARETE VATI PERITO; Soumettez-vous/obéissez à un poète fin 
connaisseur VERA CANAM ; Je chanterai des choses vraies/la vérité; ADES COEPTIS, MATER AMORIS aide-moi dans mon 
entreprise, mère de l’Amour 30  ESTE PROCUL, TENUES VITTAE TENUES, Soyez loin d’ici, rubans légers, INSIGNE 
PUDORIS, marque de la pudeur,  LONGA INSTITA QUAEQUE TEGIS MEDIOS PEDES et +toi+, longue/large 
garniture/volant qui recouvres la moitié du pied. NOS CANEMUS VENEREM TUTAM Nous, nous chanterons un amour 
licite  FURTA CONCESSAQUE et des rapports sexuels/privautés permises  INQUE MEO CARMINE ERIT NULLUM CRIMEN 
et dans mon poème il n’y aura aucune accusation > et mon poème ne prêtera pas le flanc à une accusation PRINCIPIO, 
LABORA REPERIRE QUOD AMARE VELIS, D’abord, travaille à trouver ce que tu veux aimer, 35 MILES QUI VENIS NUNC 
PRIMUM IN ARMA NOVA soldat, toi qui entres/viens maintenant pour la première fois dans/sous des armes nouvelles 
+pour toi+  LABOR PROXIMUS EST EXORARE PUELLAM HUIC PLACITAM; le travail le plus proche/suivant est de fléchir 
la jeune fille qui lui/t’ a plu (TERTIUS, UT AMOR DURET LONGO TEMPORE le troisième, que l’amour dure une longue 
période HIC MODUS Voici mon espace HAEC AREA SIGNABITUR NOSTRO CURRU ; cette carrière sera marquée par notre 
char HAEC META ERIT PREMENDA ROTA ADMISSA 40 Cette borne devra être pressée par la roue libre/sans frein
 
 
Mot-à-mot commenté :
SIQUIS IN HOC POPULO Si quelqu’un dans ce peuple (après SI NISI NE NUM CUM AN UT UBI QUO QUANDO, ALIQUIS n’a 
pas besoin de son renforçateur AL(i), que l’on retrouve dans AL-TER, AL-IENUS, cf. alien ! HOC est traduit simplement par 
 «ce» par simplification : en fait, c’est le démonstratif de la première personne, donc ici le peuple d’Ovide, les romains) 
NON NOVIT ARTEM AMANDI ne connaît pas l’art d’aimer (NOSCO avec le suffixe ici inchoatif – qui commence, cf. 
ADULESCO, SENESCO signifie : «apprendre à connaître» ; or, le perfectum, par son aspect, est le résultat présent d’une 
action passée, donc «j’ai appris à connaître», donc «je sais» ; on le traduit par un présent… CQFD ! Cette conditionnelle ne 
manque pas d’humour : vu l’histoire mythique (Vénus et son fils Enée) et politique (cf. Vénus Genitrix) de Rome ainsi que 
le palindrome de ROMA en AMOR sans oublier que la virilité assumée est l’apanage du paysan-soldat, cette hypothèse est 
surprenante), LEGAT HOC qu’il lise ceci (subjonctif d’ordre ; notons la place de HOC, qui met en exergue l’objet, dont 
Ovide est l’auteur et le lecteur, le possesseur, HOC leur est donc commun !) ET CARMINE LECTO et le poème +une fois+ 
lu, (CARMEN , le chant, désigne en latin, un ouvrage de poésie, cf. le CARMEN SAECULARE d’Horace ; LECTO, participe 
passé de LEGERE, donc en polyptote (LEGAT/LECTO) amusée, car le temps de la lecture a lieu dans le spondée de ce 
pentamètre et est donc achevé dès sa césure !) DOCTUS AMET +devenu+ savant, qu’il aime (on peut comprendre aussi, et 
l’un ne va pas sans l’autre : savant grâce au poème lu/à la lecture de ce texte ! non sans affectation… amusée !).  RATES 
MOVENTUR CITAE ARTE VELOQUE REMOQUE, Les vaisseaux sont mus rapides/en toute rapidité par la technique, celle 
et de la voile et de la rame (RATES=navire de transport chez les poètes. Cargo ? CITAE est le résultat adjectival (cf. 
LEVES plus loin) du passif MOVEOR via son complément d’agent à l’ablatif seul, comme attendu; VELO et RAMO, au sg, 
sachant qu’un navire avait une voile et… plusieurs rames, ici sg collectif !, et traités ici comme appositions explicatives du 
mot ARTE, d’où la traduction de ce dernier, précise, qui a le tort de perdre l’écho avec le titre du poème… enclitique –QUE 
dupliqué ici : l’union des deux forces fait… le mouvement) CURRUS (MOVENTUR) LEVIS ARTE les chars sont mus 
légers/à pleine vitesse par la technique (LEVIS nominatif archaïque, LEVES dans ta grammaire) AMOR REGENDUS ARTE 
l’amour doit être dirigé par la technique (Ovide joue sur Cupidon/le désir amoureux ; REGENDUS : adjectif verbal 
d’obligation. ARTE est logique ici, puisque le datif, dit d’agent, complément de l’adjectif verbal, est en fait un datif 
d’intérêt indiquant pour qui l’obligation existe (Ernout-Thomas, Syntaxe latine) 5 AUTOMEDON ERAT APTUS CURRIBUS 
LENTISQUE HABENIS Automédon était fait pour les chars et les souples rênes  (avec un nom grec pareil, «qui 
règle/mesure lui-même», le conducteur du char d’Achille pour l’amener au combat (le duel entre chefs chez Homère a lieu 
en fait à pied) était… APTUS + datif), TIPHYS ERAT MAGISTER IN PUPPE HAEMONIA ; Tiphys était le pilote sur la poupe 
d’Hémonie (Jason était le capitaine du navire Argo, chargé d’aller chercher la toison d’or – vieille technique des 
orpailleurs – en Crimée actuelle où sa future femme, Médée, l’aidera, Tiphys, lui, en tant que pilote, était chargé de manier 
les deux rames servant à l’époque de gouvernail à la poupe, l’arrière, du navire en bois du Pélion, une montagne de 
Thessalie, anciennement appelée Hémonie… il était donc le MAGISTER, ouf !) ME VENUS PRAEFECIT ARTIFICEM 
TENERO AMORI Moi, Vénus m’a (<préposé comme formateur pour, qui respecte la syntaxe) confié la formation du jeune 
Cupidon/Amour EGO DICAR TIPHYS ET AUTOMEDON AMORIS. Moi, je serai appelé le Tiphys et l’Automédon de l’Amour. 
 (la tournure par «on» pour traduire le passif n’est pas plus élégante…) ILLE QUIDEM EST FERUS Ce dernier sans 
conteste est sauvage (QUIDEM, «certes, assurément», voire : «à dire le vrai», suivi de SED, «mais», en balancement 
sentirait la traduction !) ET QUI MIHI REPUGNET SAEPE, et tel qu’il me résiste souvent (REPUGNARE, cf. le 
comportement des élèves en rupture ! relative au subjonctif consécutif, en anacoluthe, soulignée par la coordination, avec 
l’adjectif FERUS), SED EST PUER mais c’est un enfant, AETAS MOLLIS âge malléable/modelable (sous-entendu en fait : 
EST, ce que ne laisse pas penser la traduction directe, qui induit une apposition ; mais les deux textes sont d’une 
concision frappante !) ET APTA REGI. et qui se laisse diriger (<propre à être guidé, adjectif épithète d’AETAS via la 
coordination, ayant un infinitif comme complément) 10 PHILLYRIDES PERFECIT CITHARA ACHILLEM PUERUM Le fils de 
Philyra forma par +les sons de+ la cithare Achille enfant (le Phillyride est Chiron, centaure fils de Cronos et de Philyra, 
une fille d’Océan ; par sa sagesse et sa bienfaisance, un modèle pour tous les pédagogues, il devrait inspirer notre 
serviteur de l’Etat supposé préposé à l’Education qui conduit effectivement dehors (EX-DUCERE) un maximum de 
postes… Sa fin est un bon argument pour l’euthanasie, pour plus de renseignements, cf. Dictionnaire de mythologie 
grecque et romaine, de Pierre Grimal, dont j’ai subi les cours méprisants en faculté… PER-, préfixe soulignant que l’action 
est réalisée en son entier) ATQUE CONTUDIT ANIMOS FEROS et il écrasa ses esprits sauvages/la sauvagerie de son âme 
 (CONTUNDO cf. la frappe du pugiliste !) ARTE PLACIDA par +cette+ technique/art qui adoucit (la musique adoucit les 
mœurs, c’est de moins en moins bien connu depuis Métal hurlant ; chiasme syntaxique : acc. abl. # abl. acc ). QUI 
TOTIENS EXTERRUIT SOCIOS, +Lui+ qui tant de fois terrifia ses compagnons (Merci à Don Diègue, dans Le Cid de 
Corneille, avec une chute sur Robin des Bois !) TOTIENS HOSTES tant de fois ses ennemis CREDITUR PERTIMUISSE 
SENEM ANNOSUM il est cru/on croit qu’il a redouté un vieillard chargé d’ans (tournure par «on» d’un passif ; 
PERTIMESCO au parfait, avec le sens renforçateur déjà rencontré de PER- ; «ans» plus poétique ici qu’années); MANUS 
QUAS HECTOR SENSURUS ERAT Les mains que Hector était destiné à éprouver/allait sentir (SENTIO au participe futur), 
MAGISTRO POSCENTE son maître les réclamant/à la demande instante de son professeur (ablatif absolu), 15 ILLE 
PRAEBUIT VERBERIBUS JUSSAS notre héros les fournit/présentait aux coups sur son ordre (ILLE : sens emphatique ; le 
parfait historique de PRAEBEO passe à l’imparfait de narration ; le sens répétitif est bienvenu en français, vu les TOTIENS 
précédents, et la pédagogie (sic !) romaine, coutumière de la coercition, des châtiments corporels encore pratiqués il y a 
peu…! Cf. la chicotte pratiquée par les instituteurs dans nos ex-colonies ; faut-il voir dans l’insistance : POSCENTE, 
JUSSAS (mains ayant été ordonnées), une réticence, vite surmontée – car la contrainte physique ne se négocie pas - par 
l’acceptation du châtiment : POSCENTE, au passé : JUSSAS, donc les MANUS sont là, tendues en fin de vers, ce que 
renforce la disjonction avec QUAS au début du vers précédent) CHIRON AEACIDAE Chiron +le fut+ de l’Éacide (j’ose cette 
concision en français, puisque la solution de l’ellipse s’offre bien vite ; Tout le monde connaît le Péléide, Achille, mais 
c’est aussi le petit-fils d’Eaque ; Ce dernier, le plus pieux de tous les Grecs, obtint de Zeus que les fourmis d’Egine soient 
transformées en hommes, d’où les Myrmidons… Plus tard, chez Platon, il devint l’un des trois juges des Enfers, avec 
Minos et Rhadamante; [une hypothèse en passant, à notre époque de soupçons, pour apporter de l’eau au moulin de Jean-
Yves Maleuvre et à NE PAS UTILISER : et si Amor était… Auguste ? Jeune malgré son grand âge, un «chaud lapin», fils de 
Vénus Genitrix, ô combien FERUS, cf. v. 13 (Octave, chef de parti, en fait de bande, était réputé pour sa perversité cruelle) 
qui a liquidé Antoine/Hector et d’autres; Comme le centaure Chiron, avec les mêmes armes, (CITHARA, ARTE PLACIDA), 
Ovide ne va pas se priver de le former en un retournement d’âge: Auguste a la soixantaine, c’est un quadragénaire, 
ironiquement ANNOSUM SENEM, qui lui donne des leçons… Auguste ne se transforme-t-il pas en petit enfant sous la $
férule de son… maître ? Le premier est bien SAEVUS, et se permet des liaisons avec des matrones ; il importe donc, de 
façon urgente, de le freiner et de lui apprendre comment chasser de l’affranchie, PUELLA, par respect pour les mœurs. Ce 
traité n’est-il pas alors à mettre dans les mains, impudiques vu leurs turpitudes sexuelles, d’hommes politiques qui 
défraient actuellement la chronique people ?] EGO SUM PRAECEPTOR AMORIS moi, je suis le précepteur de 
l’Amour/Cupidon, UTERQUE PUER SAEVUS, l’un et l’autre enfants cruels (NE-UTER –neutre- ni l’un ni l’autre, UTERQUE, 
l’un et l’autre, donc leur attribut passe au pluriel dans la traduction !), UTERQUE NATUS DEA, l’un et l’autre nés d’une 
déesse (Amour-Eros est le fils de Vénus-Aphrodite - et d’Hermès ? Cela dépend des traditions, Achille celui de Thétis - et 
de Pélée) ; SED TAMEN ET (cf. v. 21) CERVIX TAURI ONERATUR ARATRO, Mais, malgré tout, d’un côté (ET) le cou du 
taureau est chargé par +le poids de+ la charrue (=le joug, sachant que ce sont les bœufs, plus obéissants, qui en sont 
chargés) FRENAQUE TERUNTUR DENTE EQUI MAGNANIMI et les freins/mors sont usés par la dent du cheval fougueux 
 (l’étymologie MAGN-ANIMUS, pour un équidé, amène à cette traduction. Bornecque choisi «plein d’ardeur»…) 20 ET 
AMOR MIHI CEDIT et d’un autre côté Amour me cède/ne me résiste pas (CEDO + datif), QUAMVIS VULNERET ARCU MEA 
PECTORA bien qu’il blesse de son arc mes poitrines/mon cœur (pl. dit poétique, ou pour évoquer les diverses amours 
d’Ovide, fusionnées au présent vu le subjonctif de VULNERARE ?) EXCUTIATQUE FACES JACTATAS et qu’il secoue ses 
torches brandies +en tout sens+ (-TARE=fréquentatif), QUO AMOR ME FIXIT AMOR d’autant plus Amour m’a transpercé 
 (NPC FIGO, FIXI : percer, cf. crucifixion et FINGO, FINXI : fabriquer), QUO VIOLENTIUS ME USSIT d’autant plus 
violemment il m’a enflammé (URO USSI USTUM : brûler, métaphore éculée des feux de l’amour… En fait VIOLENTIUS, 
comparatif adverbial est en facteur commun pour les deux QUO) HOC ERO MELIOR ULTOR VULNERIS FACTI d’autant je 
serai meilleur vengeur de la blessure faite/subie (QUO… HOC, avec le balancement des deux comparatifs. Le terme 
ULTOR ne peut pas ne pas évoquer le temple de Mars Ultor, édifié par Auguste, et ô combien sacré… Que diable vient-il 
faire dans cette galère ? Comme les allusions au devoir militaire dans cette œuvre, voire Apollon cher à Octave, pas 
encore Auguste, à Actium, en – 27 ; Y aurait-il une subtile dérision ? Au minimum, ceci n’est pas sérieux…) EGO, 
PHOEBE, NON MENTIAR ARTES MIHI DATAS A TE  Moi, Phébus, je ne mentirai pas +en disant que+ mon traité m’a été 
donné par toi (ARTES=les trois livres – ou les deux premiers, cf. la création de l’ouvrage, le rapprochement TE et MIHI 
permettant de passer naturellement au NOS du v. suivant… alors qu’Apollon, par ses Muses, est la source de l’inspiration 
des poètes, en entier traditionalisme, moqué ici) 25 NEC NOS MONEMUR VOCE AVIS AERIAE et nous, nous n’avons pas 
été avertis par la voix d’un oiseau aérien/en vol (un coup de patte contre les augures, ce dont les romains ne se privent 
pas, cf. Cicéron, encore de l’irrespect ? Le chant au sol serait moins positivement propitiatoire ?) NEC CLIO CLIUSQUE 
SORORES SUNT VISAE MIHI ni Clio ni les sœurs de Clio n’ont été vues pour ma part/en ce qui me concerne (en toute – 
fausse !-  prudence) SERVANTI, ASCRA, PECUDES TUIS VALLIBUS TUIS ; gardant/ alors que je gardais, Ascra, les 
troupeaux dans tes vallées (ASCRA, patrie d’Hésiode, poète grec, auteur d’une Théogonie et des Travaux et des jours ; bel 
effet pour se moquer de l’artifice du genre pastoral chez les successeurs d’Hésiode, grecs comme romains, puisque, 
ensuite, c’est, non pas une divinité quelconque, par ex. Amour, qui sera source de l’inspiration, mais, concrètement, sans 
fioriture ni falbalas pseudo-poétique, l’expérience brute, la réalité, qu’Auguste, en grand communicateur, transfigure par 
sa propagande) ; USUS MOVET HOC OPUS l’expérience pousse/nourrit cet ouvrage +qui est le mien+ PARETE VATI 
PERITO; Soumettez-vous/obéissez à un poète fin connaisseur (uniquement dans l’amour ou dans le double langage ? A 
qui s’adresse cet impératif : à Phébus, Clio, ses sœurs et Ascra, non sans l’orgueil du créateur, seul père de ses œuvres ? 
ou aux romains, ce qui reviendrait à : Faites l’amour, pas la guerre ?) VERA CANAM ; Je chanterai des choses vraies/la 
vérité (remarque déconcertante et peu en rapport avec la légèreté affichée du sujet…) ; ADES COEPTIS, MATER AMORIS 
aide-moi dans mon entreprise, mère de l’Amour (COEPIO, commencer, participe passé passif substantivé, donc au début 
de mon entreprise ?) 30  ESTE PROCUL, TENUES VITTAE TENUES, Soyez loin d’ici, rubans légers (la VITTA est un ruban 
propre aux femmes de naissance libre ; y a-t-il une ambiguïté dans le terme TENUIS, au sens où il se dénouerait 
facilement ?), INSIGNE PUDORIS, marque de la pudeur,  LONGA INSTITA QUAEQUE TEGIS MEDIOS PEDES et +toi+, 
longue/large garniture/volant qui recouvres la moitié du pied (l’INSTITA était réservée aux matrones ; le français pratique 
le singulier distributif pour le pied). NOS CANEMUS VENEREM TUTAM Nous, nous chanterons un amour licite 
 (TUTUS=sûr… protégé serait mal venu dans ce contexte !) FURTA CONCESSAQUE et des rapports sexuels/privautés 
permises (le FURTUM a lieu furtivement, en voleur… mais faut-il entendre : adultère accepté, convenu, voire 
convenable ?) INQUE MEO CARMINE ERIT NULLUM CRIMEN et dans mon poème il n’y aura aucune accusation > et mon 
poème ne prêtera pas le flanc à une accusation (tout ce passage est ambigu : n’y a-t-il pas, à mots couverts, dénonciation 
des agissements de certains hauts responsables ; ainsi, qui oserait chanter sans rire la permanence du mariage devant 
certains de nos hommes politiques ?) PRINCIPIO, LABORA REPERIRE QUOD AMARE VELIS, D’abord, travaille à trouver 
ce que tu veux aimer, (ID n’a pas besoin d’être exprimé, QUOD : neutre, cf. l’objet aimé, au XVIIe) 35 MILES QUI VENIS 
NUNC PRIMUM IN ARMA NOVA soldat, toi qui entres/viens maintenant pour la première fois dans/sous des armes 
nouvelles +pour toi+ (peut-être avec un zeugma : MILES NOVUS comme HOMO NOVUS, la métaphore de l’amour comme 
activité guerrière est filée dans cette œuvre – ce qui, à tout le moins, ne devait pas convenir à Auguste) LABOR 
PROXIMUS EST EXORARE PUELLAM HUIC PLACITAM; le travail le plus proche/suivant est de fléchir la jeune fille qui 
lui/t’ a plu (LABOR est une activité pénible… PROPINQUUS, PROPIOR, PROXIMUS ; PLACEO + datif) TERTIUS, UT AMOR 
DURET LONGO TEMPORE le troisième, que l’amour dure une longue période (ablatif de moyen, traduit ici par une durée ; 
ce souhait est étranger aux hédonistes romains, et la FIDES tant prêchée n’a rien à voir avec le mariage …) HIC 
MODUS Voici mon espace (le verbe EST n’a pas besoin d’être exprimé ; le terme limite serait par trop restrictif ! ceci 
désigne l’œuvre elle-même, son contenu, comme l’expression suivante) HAEC AREA SIGNABITUR NOSTRO CURRU ; 
cette carrière sera marquée par notre char (un CURRUS - cf. v. 4 sans métaphore ! - pour un CURSUS (=traité), voire un 
DISCURSUS? La volonté de s’affirmer le créateur est ici évidente, et le terme SIGNABITUR, dans notre société de l’écrit, 
ne manque pas de piquant involontaire)  HAEC META ERIT PREMENDA ROTA ADMISSA 40 Cette borne devra être pressée 
par la roue libre/sans frein (la course de chars (cf. v. 135 et sqq.) et ses dangers, comme au passage de chacune des deux 
bornes au cirque, est une métaphore constante du texte) 
 
Commentaires
 
Un traité
plein d’esprit
poétique
et érudit
 
1)           Un traité :
 
v     Titre et lecteur : son titre est indiqué, classiquement  par le complément du nom du LIBER ici 
PRIMUS : ARS AMATORIA, traité sur l’amour. Il s’agit donc d’un ouvrage technique qui permet au 
lecteur d’atteindre le but mentionné explicitement, dans le cas d’un ARS RHETORICA, l’éloquence, 
dans celui d’AMATORIA, l’amour, en fait le(s) succès amoureux, voire érotique(s) car le gérondif final 
du premier vers renvoie à l’action même : ARTEM AMANDI. L’auteur en est un citoyen romain : HOC 
POPULO avec le démonstratif de première personne, et il interpelle (de part l’audition des 3 [i] 
successifs, avec les 3 [o] consécutifs ensuite) une personne virtuelle (SIQUIS) ; mais à, peine présentée 
sous forme d’hypothèse, elle devient lecteur, qui, censé être néophyte en la matière au v. 1 (NON 
NOVIT), existe bien, comme le livre et le texte lui-même (HOC), vu l’ordre qui lui est adressé, martelé 
par les dentales sourdes [t] à cinq reprises : LEGAT au v. 2 de ce préambule, non sans humour : à 
peine imposée par le subjonctif jussif, la lecture du poème, et par son appellation, CARMINE au v. 2, et 
par son rythme puisque les deux premiers s’avèrent des distiques élégiaques, est finie (LECTO en 
polyptote dans le même vers et à la césure du pentamètre); Le terme ARTE, pour que nul n’en ignore, 
est proclamé 3 fois, deux fois à l’initiale du vers sur le second distique, la dernière après la 
penthémimère de son pentamètre ; son sens «technique» est clairement affiché (cf. «navires, chars») et 
confirmé, en un clin d’œil, par le mot composé ARTI-FICEM. En mise en abyme, nous retrouvons, par-
delà la présentation par Ovide de ses relations avec l’A/amour, l’ouvrage cité pour lui-même en une 
disjonction au v. 25 : (ce qui nous a donc permis d’affecter à l’Odyssée la première évocation de la 
mer !) ARTES DATAS, avec ARTES au pluriel, sans doute pour évoquer les 3 livres… Il existe bien en 
tant que tel, matériellement dans les mains de son lecteur : OPUS (césure trihémimère)… HOC au v. 29, 
et le contenu IN …. CARMINE  (v. 34) sera parfaitement acceptable, proclame (avec le pronom NOS en 
début de v. 33) Ovide. Et ce traité retrouve, par le truchement de l’annonce de son plan, son lecteur : ce 
dernier a été simplement esquissé par allusion dans les deux premiers vers, peut-être impliqué dans 
l’impératif PARETE du v. 29, lui qui pouvait tout aussi bien apostropher Phébus (v. 25) et ASCRA 
personnifiée (voire, implicitement CLIO (v. 27) et ses 8 autres sœurs pour mieux paradoxalement les 
évincer ; il est maintenant (cf. NUNC !) directement interpellé, en reprenant le thème du néophyte, à la 
deuxième personne du singulier, AVENIS, MILES IN ARMA NOVA PRIMUM en quasi pléonasme ; le 
HUIC reprend la distance de la troisième personne car reste le livre, avec ses préceptes qui établissent 
un MODUS (faut-il sous-entendre AMANDI ?) ; une AREA ( v. 39) est ainsi bien circonscrite, délimitée 
par le futur SIGNABITUR, c’est celle du volumen, les noms CURRUS, META et ROTA, les verbes 
ADMISSA et PREMENDA (v. 39, 40) relèvent du champ sémantique du CIRCUS, en métaphore filée pour 
le déroulement du texte. 
 
v     L’auteur : il y reprend ses droits ; HIC en début de vers,  HAEC à la trihémimère, derechef en début de 
vers, deux fois (cf. v. 39, 40) ; ceci est un écho avec les HOC des vers 1 (trihémimère) et 2 (début du 
vers) ; il est mis bien en tête, sous la responsabilité de VENUS, certes, mais cet effacement semble une 
simple marque, purement formelle, de respect, démenti qu’il est par le terme ARTIFICEM : PRAE-FECIT 
 (en figure étymologique), cf. plus loin PRAE-CEPTOR en 17 ; il passe d’ailleurs de COD en début de 7 
à sujet à la fin du vers suivant, soucieux de sa réputation : DICAR, même si Amour ne l’a pas toujours 
en bonne part : QUI  MIHI SAEPE REPUGNET ; la suite est tout aussi claironnante, avec EGO SUM 
entre les deux dernières césures du v. 17, et c’est en toute fausse modestie qu’il est au datif au vers 21, 
vu la polysyndète sur trois vers et le pluriel de MEA en disjonction avec PECTORA en début de 
pentamètre. Lui, objet de l’amour, qui en a souffert, autant de la blessure (VULNERAT, 21 et sa reprise 
en FIXIT en 23 qu’il lui a infligée, que de sa brûlure (FACES comme USSIT en fin de vers (22/23), ME 
deux fois au v. 23,  devient le sujet vengeur avec le ERO au futur : il envisage déjà l’effet de son 
ouvrage, et il affirme haut et fort, il revendique sa responsabilité, son autonomie de poète  par la 
litote : NON NEGO.. MENTIAR avec le surenchérissement de MIHI, pour passer au NOS empreint de 
politesse affectée pour se moquer des augures, censées eux être informés de l’avenir par l’observation 
du cri et du vol des oiseaux, ici en hypallage. Son inspiration ne lui vient pas des Muses, et surtout pas 
de Clio, car il s’agirait d’histoire mais d’un confrère, Hésiode, évoqué par l’allusif ASCRA ; il s’est 
formé, semble-t-il dire, à son école : SERVANTI PECUDES. Faut-il voir dans VATI PERITO, avec 
l’adjectif très laudatif en fin de vers, le résultat de ses propres efforts. La suite claque comme une 
profession de fois : VERA CANAM sous-entendu : les autres auteurs sont des menteurs, des 
fantaisistes (ce qui ne manque pas de sel, vu le sujet ! cf. thème 2), et notre auteur prend formellement 
la place de Vénus (elle-même d’abord une simple aide avec ADES en fin de v. 30, ensuite incompatible 
avec VITTAE et INSTITA) : NOS VENEREM… CANEMUS fonctionnant en encadrement du vers 33, ce 
après le ME VENUS PRAEFECIT ! Et après l’exposition du plan, l’auteur ne fait plus qu’un avec son 
lecteur grâce à NOSTRO CURRU où la première personne du pluriel évoque le lien entre les deux; Ce 
traité est fils d’Ovide, sans intervention divine. 
 
v     «Fais ce que dois» : un traité, rappelons-le, est propre à l’édiction de règles ; nous avons déjà 
rencontré les deux subjonctifs encadrant le v. 2 ; après les exemples, c’est un adjectif verbal 
d’obligation : REGENDUS au v. 4, suivi, après l’adjectif AMATORIAE et le gérondif AMANDI de la racine 
AMA-, du substantif : AMOR, lui-même plusieurs fois repris (7 en fin  de vers, 8, 17 en fin de vers, 21 
  (penthémimère + pause phono-sémantique), 23 (idem), 30, AMARE au v. 35, 38 en fin de vers). De fait, 
ce type de répétitions est propre à emporter la conviction : 
·        CURRUS césure + pause phono-sémantique au v. 4/CURRIBUS au début du v. 5. 
·        les diverses occurrences, cf. supra, en polyptote d’AMOR, le sujet même du traité. 
·        REGENDUS - contrainte renforcée par la construction nominale- au v. 4/REGI car il s’agit de règles, en fin de v. 10. 
            ERAT/ERAT (5/ fin du v. 6) 
·        CANAM (v. 30)/CANEMUS (v. 33) 
·        LABORA, v. 35/LABOR, v. 37
Lexicalement, la demande est instante: POSCENTE, v. 15, et tous les moyens sont bons, même au prix 
d’une contradiction : que penser du rapprochement en oxymore des termes PLACIDA CONTUDIT ? 
 L’exigence – nous sommes loin de l’Amour et de ses libertés supposées ; ce n’est pas là la moindre 
des contradictions dans ce texte ! - est un leitmotiv dans ce passage : JUSSAS à la césure du 
pentamètre 16, impliqué par PRAECEPTOR, v 17; faire plier tête et cœur des moins asservis (cf. TAURI 
et EQUI, parangons de la VIR-TUS animale) en est l’effet: CERVIX ONERATUR, FRENA MAGNANIMI 
 (cœur) en 19 et 20, comme CEDIT puis PARETE. L’injonction revient, soit sous forme de projection 
vers un futur proche : CANAM,  CANEMUS, ERIT, tous deux proclamés en fin de vers, soit sous forme 
directe avec l’ordre en fin de v. 30, et la défense, au début du v. suivant, corroboré à la fin du v. 35 (cf. 
en passant le verbe VELIS), pour revenir à la fin au futur, SIGNABITUR, ERIT, en entrelacement avec 
l’impératif… 
v     Objectif explicite d’un traité : former. On retrouve donc ici le vocabulaire de la formation avec le 
qualificatif dépréciatif de celui qui ne l’a pas suivie : FERUS (9)/FEROS en fin de v. 12, ce que 
corrobore SAEVUS au début du v. 18, l’âge de celui qui doit la suivre : PUER/PUERUM (10/à la césure 
penthémimère du v. 11/ césure du pentamètre v. 22), la malléabilité (souhaitable, parfois plus 
théorique que pratique comme le montre le SAEPE REPUGNET en fin de v. 9, ainsi que la série des [i] 
et [e], exprimant la réticence, voire le refus) de son esprit : TENERO, en disjonction et césure 
hephthémimère au v. 8, MOLLIS ET APTA REGI, pour clore le v. 10 ; le formateur : MAGISTER, v. 
6/MAGISTRO en fin de l’hexamètre v.15 avec son synonyme : PRAECEPTOR au v. 17 ; sa 
responsabilité : PRAEFECIT, v. 7 (même préfixe), les moyens utilisés : d’un côté, la récompense, 
d’aucuns diraient plus familièrement la carotte, cf. l’encadrement au même endroit du pentamètre des 
v. 2 et 34 par CARMINE, son instrument : CITHARA à l’hephthémimère du v. 11, et son écho au vers 
suivant : PLACIDA… ARTE en disjonction, l’adjectif à la césure du pentamètre (notons en passant 
ARTE en reprise), de l’autre, la coercition et son effet : PERTIMUISSE, v. 14, le bâton : VERBERIBUS v. 
16, cf. ONERATUR v. 19, FRENA, v. 20 ; le résultat est là : CEDIT. En fait, un traité, par définition, est la 
somme d’un spécialiste pour l’instruction des débutants, les non-initiés IN ARMA NOVA, v. 36, qui 
suivent, subissent, sont formés, comme l’attestent les passifs sur l’ensemble du passage : 
MOVENTUR, fin de v. 3, REGENDUS, DENSURUS ERAT, JUSSAS, césure du pentamètre 16, les COD 
ACHILLEM, fin de v. 11, ANIMOS v. 12), le verbe d’état en –EO  de PERTIMUISSE, les nombreux verbes 
d’état qui abondent ici . 
 
v     Rationnel :  
·        les marques d’expression logique sont somme toute rares, mais c’est que les rapports logiques entre 
les phrases sont d’une cohérence interne si prégnante, si bien articulés que les chevilles ( :=) !) 
 formelles, type coordination, n’ont pas besoin d’être exprimées. Un premier système plus complexe 
apparaît en 9-10: QUIDEM… SED, puis : SED TAMEN ET… ET (19-21) ; QUO… HOC en début de vers, 
NON…NEC…NEC en début de vers (25-27), mais c’est anecdotique par rapport aux liens asyndétiques 
qui relient les indépendantes entre elles, avec un jeu entre les déclaratives et les jussives… D’où une 
forte impression d’équilibre stable. De solidité interne. Sans contrefort. 
 
·        Les structures binaires comme au v. 2 participent à la même cohérence ; elles abondent, avec une 
inclusion ( VELOQUE RAMOQUE), le balancement sémantiquement complémentaire : RATES/CURRUS, 
AUTOMEDON/TIPHYS (eux-mêmes repris plus loin en chiasme au v. 8) en une forme de chiasme (A B # 
B A) encadrant l’exigence centrale, CURRIBUS/HABENIS au v. 5, en fait en hendiadyin (coordination 
dissociant deux éléments attendus dans un seul ensemble = «les souples rênes de son char»), FERUS 
ET QUI (avec la variatio : adjectif, relative), EST… SED… EST (9-10), MOLLIS ET APTA (10), 
PERFECIT… ATQUE …CONTUDIT (11-12), SOCIOS/HOSTES en balancement (13), CHIRON/EGO en 
asyndète (12), SAEVUS/NATUS (13), CERVIX/FRENAQUE (19-20), VULNERET EXCUTIATQUE (21-22), 
QUO ME FIXIT, QUO ME USSIT (23), MENTIAR/MONEMUR (25-26), CLIO CLIUSQUE SORORES (27), 
VITTAE/INSTITA (31-32, VENEREM TUTAM CONCESSAQUE FURTA en chiasme (33), pour terminer sur 
des structures ternaires (PRINCIPIO, PROXIMUS, TERTIUS en 35-38 puis : HIC MODUS, HAEC… AREA, 
HAEC… META (39-40), avec le binaire : SIGNABITUR… ERIT (id.) 
 
·   Avec une mise à distance (paradoxale pour un tel sujet, mais justifiée par sa forme de traité), du 
sentiment, de l’émotion : le guide est l’USUS en début de v. 29 ; s’il y a souffrance,(impliquée par 
SAEVUS, v. 18)  reconnue comme telle (VULNERET, v. 21), voire trop affichée (VIOLENTIUS USSIT, v. 
23) pour être profondément ressentie, foin de tout délire passionnel (VULNERIS FACTI, v. 24), et l’on 
atteint un juste équilibre (QUO… HOC) en  23-24/ ERO MELIOR ULTOR, la pierre de touche est bien les 
VERA au début du v. suivant, avec l’expression, révélatrice ensuite de par son oxymore: AMARE 
VELIS ; l’on a bien l’impression que la pérennité de l’amour, lui qui rime avec de longs jours, loin d’être 
touchante, n’est qu’un juste retour sur investissement (LABOR). 
 
·   De fait, la démarche dans ce préambule est bien structurée, car dans un traité, la composition (pour les 
anciens, le seul point où l’auteur peut faire preuve d’originalité intellectuelle: NIHIL NOVO SUB SOLE, 
c’est l’agencement propre à l’auteur d’éléments communs/traditionnels qui fait la spécificité de son 
œuvre) est essentielle… d’abord le sujet, que nul n’en ignore,  est bien l’amour (cf. les répétitions de 
ce terme lui-même ou des mots de la même famille, 11 occurrences) et moi (au fil du texte : HOC 1, 2, 
ME, EGO, MIHI, EGO, MIHI, MEA, ME, ME, HOC, EGO, MIHI, NOS ? , MIHI, HOC, CANAM, NOS, MEO, 
HIC, HAEC NOSTRO, HAEC), comme formateur expérimenté : VATI PERITO ; ainsi est justifiée, par les 
contraintes du sujet, la présence du moi dans un traité qui se doit d’être l’objectivité même, celle de 
l’intelligence désincarnée. Le plan d’ailleurs montre la cohérence du raisonnement à (et dans !) 
l’œuvre…
§        L’intérêt pour le lecteur en 4 vers, y compris l’allusion au titre : L’art de devenir un expert en amour
§        grâce à un professeur bon pédagogue [tout arrive !], du v. 5 (APTUS/MAGISTER) au v. 17 MAGISTRO/PRAECEPTOR) 
§        aguerri, du v. 18 (SAEVUS) à 24 (VULNERIS) 
§        et expérimenté, du v. 25 (ARTES MIHI) à 30 (PERITO/VERA) 
§        en toute déontologie, du v.31 (PUDORIS) à 34 (NULLUM CRIMEN). 
§              s’ensuit, comme attendu, la démarche à suivre… et qui sera suivie (35 – 40), avec l’annonce 
                                          du plan, qui est donnée ainsi en exergue à la fin de ce passage, sur 4 vers en quasi 
                                          énumération (PRINCIPIO, PROXIMUS, TERTIUS); au reste, ce contrat sera rempli (39-40), en 
                                          conclusion non formulée comme telle.
 
v     Le Réel :
 un traité digne de ce nom ne peut fonctionner IN ABSTRACTO, dans l’énonciation de règles purement 
théoriques ; il doit donc s’appuyer,  non seulement sur la rigueur du raisonnement, mais aussi sur la crédibilité 
que lui procure son appui, 
·   soit sur la confrontation à l’expérience actuelle, contemporaine : d’où les verbes au présent (répétitif dans 
SAEPE REPUGNET) par ex. ainsi que les exemples tirés de la vie quotidienne – les moyens de transport, l’enfant 
considéré comme une argile à façonner (10, cf. le sens étymologique d’é-duquer, conduire en dehors, sortir de la 
sauvagerie), la violence bien connue des maîtres, les animaux domestiqués, de trait (TAURI) ou de voyage 
 (EQUI) ; nous avons déjà évoqué les augures (26). Les détails vestimentaires qui caractérisent les femmes libres 
 (VITTAE, INSTITA cf. le Daremberg et Saglio), la course des chars dans le cirque que nous retrouverons à partir 
du v. 125. 
·   soit sur l’acquis, le passé : les exemples mythologiques font florès ici, avec AUTOMEDON et TIPHYS… ERAT ; 
bien sûr, AMOR ne va pas sans sa mère VENUS (repris en 30) ; ACHILLEM et son précepteur CHIRON; en fait, 
Phoebus-Apollon (25), comme image de l’inspiration, ne fait partie du présent que pour être rejeté, et Clio, 
comme ses sœurs ne sont évoquées, au passé (VISAE SUNT), que pour être révoquées, après que l’expérience 
passée eut servi à instaurer le futur : FIXIT/USSIT… ERO, en balancement complémentaire en fin des vers 23-24  
·   Ce futur se poursuit ensuite pour présenter le projet littéraire (CANAM, CANEMUS, CARMINE) qui va dérouler 
ses distiques ; Ovide s’appuie aussi sur son objectif….
 
Tout ce nous venons d’exposer pourrait laisser croire à un texte, certes particulièrement réfléchi, intellectuellement 
maîtrisé, mais sans invention ni créativité esthétiques : il y a pourtant le plaisir du texte, qu’on l’écoute (puisque 
l’EDITIO était le fait qu’il soit lu officiellement au public) ou qu’on le lise : le savoir peut être gai, pour paraphraser 
Nietzsche et notre OPUS n’a rien de rébarbatif…
 
2)           Plaisant
v     Comme attendu, l’esprit d’Ovide affleure en permanence : le premier trait d’humour est perçant car comment 
un romain digne de ce nom, fier de sa déesse tutélaire, entre les colonnes du temple de Vénus Victrix chère à 
Pompée et celles de celui de Vénus Génitrix aimée de la gens Julia, puis des Césars-Augustes, pourrait-il ignorer 
l’art d’aimer ? Aurions-nous alors un livre sans lecteur potentiel, et son sujet est-il même possible ? Autant de 
questions suscitées par ce… préliminaire des vers 1 et 2. Le jeu sur les mots se poursuit avec DOCTUS : faut-il 
entendre : DOCTUS CARMINE, «savant grâce au poème» ou AMET DOCTUS, «qu’il aime en expert»… Participent à 
ce sourire ovidien les deux appositions à ARTE qui suivent : au moment où le lecteur attend de plus amples 
développements, appâté, affriandé qu’il est par le AMET final, on a droit à un rappel sur les deux moyens 
 (VELOQUE RAMOQUE, lui-même au singulier) de faire avancer… un navire (ici de transport : RATES), après 
l’ambigu CITAE. La vie militaire (cf. plus loin Automédon et Tiphys) a lieu TERRA MARIQUE ? Nous avons droit 
aux RATES et aux CURRUS, avec des adjectifs en quasi oxymores. Ensuite, tout le monde sait que l’amour n’a pas 
de règles – et ceci sera repris par… Carmen, dans l’opéra de Bizet ! – il est pourtant contraint par le texte même du 
poète, en une phrase nominale qui s’impose par sa rigueur. La mention d’Automédon, comme la référence absolue 
dans la conduite d’un char ne manque pas d’humour; il n’est que de relire Homère, et son chant XVII de l’Iliade : 
Patrocle était le cocher du bige d’Achille ; à sa mort, Automédon a beau les presser sans trêve, leur parler, les 
deux chevaux se refusent en fait à bouger. Ils semblent une stèle qui demeure immuable… C’est Zeus qui leur 
insuffle une noble ardeur. Porté par eux, Automédon combat, mais seul n’arrive à rien… Alcimédon le remplace, 
avantageusement si l’on en croit les propres dires de l’ex-cocher… Mais la paire qu’ils forment est aux yeux 
d’Hector KAKOS (cf. v. 487) ; nonobstant, descendu du char, le guerrier Automédon transperce du jet de sa 
javeline le bas ventre d’Arète et lui enlève, en barbare (sic !), ses armes couvertes de sang. Tiphys n’est pas mieux 
servi dans les Argonautiques d’Apollonius de Rhodes, au chant 2 ; certes, il est efficace, franchit le Bosphore et 
permet à Argo de passer la césure des roches cyanées (ce, car Athéna est là pour pousser le navire !) ; mais sa 
mort par un mal inattendu est plus prosaïque que celle du devin Idmon qui n’a pas prévu sa rencontre avec un 
sanglier… et il est vite remplacé car il y a pléthore de pilotes : «Ancée, poussé par l'inspiration de Junon, s'offrit 
pour conduire le vaisseau. Erginus, Nauplius et Euphémus se levèrent aussitôt pour lui disputer cet honneur. On 
les retint, et les suffrages furent pour Ancée. »… il reste deux chants, et un beau périple, dont le passage de 
Charybde en Scylla. Nous sommes en fait loin des perfections attendues. Un clin d’œil de notre auteur ! Le jeu de 
mot qui suit est à son tour une belle preuve d’esprit : par stricte étymologie, Ovide est bien ARTI-FICEM, vu sa 
réalisation, et ce terme fonctionne alors à double sens, puisqu’Ovide formera aussi Amour ; il évoque avec 
amusement, comme se moquant par avance du succès escompté de son ouvrage, le changement de sa 
dénomination: TIPHYS ET AUTOMEDON DICAR AMORIS EGO, comme ne se reconnaissant plus lui-même, d’où 
l’énonciation du EGO final en ce vers 9 (1+1=1 ?). Ensuite, non sans une affectation élégante et distanciée, il 
mentionne les difficultés : FERUS, SAEPE REPUGNET, mais la solution est plus simple qu’il n’y paraît, en 3 
arguments : néophyte, malléable et obéissant. Ovide poursuit ses finesses mythologiques : le nom de Phillyrides 
 (avec 2 L, METRI CAUSA – permet l’allongement de la première syllabe ainsi entravée) est de prime abord pédant 
pour évoquer Chiron, mais la mère de ce dernier s’est occupée d’Achille enfant. Affubler par ailleurs Amour et 
Achille du même adjectif FERUS, même en le passant au pluriel pour le second, est… surprenant ! Autre 
plaisanterie : le héros digne de ce nom effraie tout autant ses ennemis que ses… alliés, et ce constat surprenant 
est bien mis en valeur par le balancement TOTIENS qui met en suspens SOCIOS, en finissant par le plus convenu, 
et attendu : HOSTES en fin de v. 13. Derechef, un clin d’œil complice : dans ce texte qui est dit, affleurent les on-
dit (cf. avant, DICAR, maintenant : CREDITUR au début du pentamètre 14 ; c’est l’auteur qui parlera plus loin : 
NON MENTIAR). Nous avons droit alors à une opposition amusante d’âge : le PUER, tremblant, face à l’impavide, 
intrépide au sens étymologique, ANNOSUM SENEM, sur pied en fin de vers ; à peine évoqué son futur d’adulte, 
destiné qu’il est à éliminer HECTOR, il se retrouve sous la férule de son maître ; la distorsion entre l’emphatique 
ILLE et les termes évoquant une obéissance quasi servile est ici franchement comique ; CHIRON est enfin nommé, 
après coup, pour faire immédiatement place, en un rapprochement qui ne manque pas de sel, à notre auteur : EGO 
SUM, le tout sur les trois césures. La remarque suivante est, elle aussi, inattendue (SAEVUS car NATUS DEA), 
déconcertante par son jugement implicite : si les enfants de déesse sont… SAEVUS, les enfants humains devraient 
ne pas l’être… L’expression en raccourci du TAURI CERVIX ONERATUR ARATRO et non JUGO est l’inverse d’une 
synecdoque, et l’usure du frein n’est que superficielle. Ces exemples sont censés rendre plus crédible la 
constatation MIHI CEDIT AMOR, pourtant immédiatement contrebattu par les deux concessives ; au reste, le pluriel 
de la première : MEA PECTORA laisse perplexe, et Ovide passe au second avatar possible de l’Amour, le boutefeu, 
moins éculé que les feux de l’amour. Ses affirmations ne peuvent donc que laisser sceptique, et sont d’autant plus 
vigoureuses, en leur formulation bien assénée : QUO… QUO VIOLENTIUS… HOC MELIOR, qu’elles manquent de 
fond ! Loin d’être en capacité de se venger, Ovide semble voué à l’éternel recommencement… Les blessures sont 
réciproques. Et quel défi que cette affirmation pour une PUELLA ! A mots couverts, Ovide se proclame le seul 
responsable de son œuvre, la négation porte aussi sur A TE, à remplacer par A ME, et l’inspirateur en chef, 
Apollon, est vite expédié, en compagnie de l’image classique du chant des oiseaux ; pas plus de respect pour Clio 
et ses sœurs, et le fait de ne pas les avoir vues ne plaide pas en faveur de leur existence, alors que l’œuvre 
d’Hésiode est tangible, l’apostrophe à ASCRA ne résonne pas dans le vide. De plus, Clio, l’Histoire, à côté de 
VISAE, répétée deux fois, la dénégation est trop forte pour être honnête : Ovide feint-il de se moquer de l’Histoire 
parce que l’histoire contemporaine est par trop polémique, dans les deux sens du terme : - les guerres civiles ont 
été atroces, et le sujet est encore brûlant ?-  Notre poète, VATES, s’affirme comme PERITUS, au sens érotique du 
terme puisqu’il se dénie l’habilité classique due aux sources d’inspiration habituelle, Phébus et ses sœurs… la 
phrase VERA CANAM sous-entend bien que les autres œuvres poétiques sont mensongères. Mais Ovide n’est pas 
à une palinodie près ; on ne sait plus que croire puisqu’il se met immédiatement après sous les auspices de 
MATER AMORIS. Il chasse même, à en croire l’apposition subtile, l’INSIGNE PUDORIS et ESTE PROCUL prend 
alors un double sens amusant. Sans forcer le texte, méditons les oxymores VENEREM TUTAM CONCESSAQUE 
FURTA. La dénégation finale joue sur l’ambiguïté d’une antiphrase, car sa solennité est trop affectée : NOS… 
CANEMUS, le chiasme, la présence dans la même phrase de VENEREM et FURTA au pluriel. Notons l’ambiguïté du 
passage de ESTE à NOS puis MEO ; ne faut-il pas voir la réalité du temps ? Les matrones abandonneraient VITTAE 
et INSTITA supposée recouvrir – mais qui ne demande qu’à être découvert – le pied ; c’est en toute sécurité, vu 
l’expérience de l’amant, que l’adultère peut être chanté. Mais, et ceci ne participe-t-il pas au plaisir de la 
transgression ? cet acte est reconnu comme immoral, sinon pourquoi passer de NOS à MEO (CARMINE), pour 
sous-entendre FURTO ; il y aura concrètement, c’est bien l’espoir de la matrone séduite, CRIMEN… On n’est plus à 
un paradoxe prêt : traditionnellement, l’amour se présente comme désir incoercible qui échappe à tout contrôle 
 (d’où sa personnification par Cupidon aux yeux bandés) ; or, ici, le lecteur est supposé vouloir aimer : AMARE 
VELIS, en une expression contournée par le neutre ; QUOD. De fait, on aura l’impression ensuite d’opérer un choix 
dans le cheptel mis à disposition des… amateurs. Notons l’opposition entre cette volonté et l’ordre imposé par 
l’auteur : LABORA. Rien n’est fait pour l’atténuer, ni pour rassurer, apparemment : NOVA (donc pas d’expérience 
antérieure sur laquelle s’appuyer), NUNC (il est au pied du mur), PRIMUM (en pléonasme avec NOVA), mais la fin 
du pentamètre nous réconforte avec sa métaphore militaire… La finale globalement est tout aussi fine : 
·   certes, nous avons droit à une quasi numérotation, avec le
§        PRINCIPIO – mais avec le suspens de la relative, lui-même recélant PRIMUM en figure étymologique de 
      par l’élément classificateur PRIN-CIPIO –
§        puis le PROXIMUS en paronomase - mais au nominatif surprenant, comme la subite mise à distance du
      récepteur par le HUIC- 
§        ensuite, TERTIUS viendrait clore ceci en toute cohérence mais celle-ci est battue elle-même en brèche par 
                        l’anacoluthe : EXORARE puis UT + subjonctif.
                L’énumération asyndétique finale vient confirmer la pertinence de nos remarques : elle est formellement très 
                structurée : HIC, HAEC, HAEC, mais à peine l’AREA s’ouvre-t-elle devant nous que la META est là. Symbole
 d’une contrainte libératrice ?
                Oui, ces jeux d’esprit sont bien dans la manière d’Ovide, HIC MODUS justement !
         
v     Emetteur comme récepteur sont multiples, voire protéiformes, l’énonciation se veut en écho  : le destinataire de 
l’ouvrage, virtuel vu la conditionnelle initiale,  est d’abord mentionné à la 3ème personne du singulier, sous un flou 
 (ALI)QUIS, le HOC laisse deviner implicitement l’auteur du texte ; par l’intermédiaire des deux exemples, l’auteur s’avance 
enfin franchement : ME, puis EGO en fin de v. 8 … MIHI en 9 ; l’exemple du Phillyride et d’Achille (v. 12), clos en chiasme 
logique par ILLE/AEACIDAE et CHIRON (v. 16-17), laisse derechef place à un orgueilleux présent : EGO SUM, puis MIHI 
CEDIT… avec une montée hyperbolique : QUO ME… QUO ME VIOLENTIUS, HOC MELIOR… ERO. Les différentes 
dénégations en début de vers (NON, NEC, NEC) ne servent qu’à mettre en valeur l’originalité profonde de l’auteur (EGO, 
NOS – qui recouvrirait alors tous les poètes ? ou Ovide avec Phébus, aucun des deux ne bénéficiant alors des capacités 
augurales ? ou un nous en rupture ? Nous retrouverons une telle obscurité du pluriel avec le PARETE du v. 29 – MIHI) qui 
ne doit rien aux dieux, mais tout à la poésie : s’il refuse le masque, déjà bien usé à l’époque, d’Apollon et de ses sœurs, un 
lieu trop commun qui ne trompe personne, il se veut dans le droit fil d’Hésiode, par le truchement d’ASCRA ; là où ce 
dernier parle des travaux et des jours, Ovide se consacre à un travail bien précis, il veut montrer comment labourer une 
autre terre… Ainsi, l’interpellation à Phébus et l’évocation, sans invocation, de Clio s’avèrent purement rhétoriques, 
comme la MATER AMORIS du v. 30 : en fait, le récepteur n’a pas changé, c’est toujours le lecteur, impliqué par le HOC 
OPUS, celui qu’il tient en main. Ceci expliquerait le pluriel de PARETE : il est bien évident qu’un livre ne vise pas une 
seule personne… A moins que les vers ne doivent obéir à un poète habile. Un peu de perplexité ne messied pas (cf. NOS 
supra, voire de double-sens, à lire PROCUL plus loin), et Ovide s’en veut le maître ici. Le mystère de l’inspiration ? De 
toute façon, en matière d’amour, rien ne vaut la vérité pour le poète, même si la déesse Vénus n’en a pas l’apanage, à dire 
le vrai ! Avec une nouvelle rupture dans l’énonciation, vu l’appel aux VITTAE et à l’INSTITA. 
Donc, ce qui a pu déplaire en haut lieu, une fois les paillettes poétiques… retombées (ici, juste dessous !).
 
3)    Une poétique… de la persuasion (pour ceux que le 4, infra, effraierait et qui chercheraient une 3ème partie après 
avoir survolé trop vite les deux premières : il faut tout prévoir et savoir se rattraper à cette branche qui ne se rompra 
pas si l’on montre que la forme est au service du fond !) : 
 
v     En ROTIS IMPARIBUS (cf. I, 264), ses vers impairs, les distiques élégiaques. Dans les 4 premiers vers revient 
régulièrement la séquence dactyle spondée : n’est-ce pas évoquer la certitude assumée sur l’efficacité de l’œuvre 
et de l’art ? De même, vers la fin (31), les spondées marquent le respect affecté pour les matrones, alors qu’en 
rupture très allègres les dactyles se succèdent au v. 35 pour incarner la quête de la femme…   
 
v     Lancinante avec des tropes efficaces qui visent à emporter l’adhésion: 
·   Les répétitions et leurs échos : ARTE (3-4), REGENDUS/REGI, CURRUS (4-39, comme encadrant le passage, cf. 
CARMINE ; ou un effet : CARMINE en 2/CURRU, la poésie comme un char lancé, métaphore que filent les deux 
derniers vers de l’extrait (39-40), PUER, TOTIENS plus loin (13), AMOR (4-7-8-12-21-23-30-38), UTERQUE (18), 
HAEC (39-40, les deux en anaphore), QUO/QUO, etc. 
·   les polyptotes : AMANDI/AMOR, LEGAT/LECTO, VULNERET/VULNERIS (21-24), il y en a d’autres…
·   Allitérations
§        en liquides [r] par ex. au v. 4 : aRte Levis cuRRu. aRte Regendus amoR
§        en sifflante aux v. 15 (puis16), quaS hector SenSuruS erat, poScente magiStro
§        en dentales : seD TameN eT Tauri cervix oNeraTur araTro…
·   les harmonies imitatives dès le v. 1 avec un jeu entre des séquences de voyelles fermées en [i], puis [o/u], 
              et les voyelles  ouvertes [a], judicieusement affectées à ARTem AMANdi ; debut de 29 : UsUs OpUs mOnEt hOc ; 
              plus loin : InsIgne  pUdorIs, voyelles fermées, voire la séquence en fin de 34 : carmInE crImEn ErIt. Pensons 
              aux 3 i de PrIncIpIo…
·   Parallélisme : VELOQUE/REMOQUE, CITAE RATES/VEVIS CURRUS, SOCIOS/HOSTES en 13, 39*
·   Chiasme de cas aux v. 12 (accusatif, ablatif, ablatif, accusatif), 17 (génitif, nominatif, nominatif, génitif), 33 etc.
 
v           Images frappées du sceau de l’humour… (cf. plaisant) 
vOriginalité (relative) : compositio, le «je» du poète avec sa volonté affichée.  
 
4) L’érudition totalement maîtrisée dont fait preuve Ovide participe à l’intérêt que ce passage suscite (captatio 
benevolentiae peut-être tardive ; néanmoins, cela ne peut que caresser dans le sens du poil votre 
correcteur) ; il est bien de la veine des antiquisants mais sans leurs lourdeurs ! 
v  Ses exemples le confirment.
a) La mythologie : certes, AMOR, avec son effet palindromique ROMA, amène VENUS de façon incontournable, et il 
le reprend au v. 30, mais, ailleurs, Il se cantonne au monde grec ; au reste, si AUTOMEDON nous paraît le plus 
couru des cochers, c’est qu’il est passé dans le langage courant, par plaisanterie pédante, avec le sens de bon 
conducteur (cf. son préfixe auto- ?) : dans l’Iliade, il s’agit du nouveau cocher d’Achille, après la mort de 
Patrocle, son HNIOCOS. Ovide n’avait pourtant que l’embarras du choix. Puisqu’il n’a pas choisi Patrocle (trop 
connu ? Car la mort, glorieuse, de ce dernier ne pouvait le troubler : il se compare bien ensuite à TIPHYS, dont le 
triste destin est aussi inquiétant…), il lui restait Mydon, tué par Antiloque dans l’Iliade, et d’autres encore : les 
cochers d’Hector tombent à un moment comme des mouches, Archeptolème, Eniopée… Kebrion prend la suite… 
Automédon revient pourtant comme une obsession, le premier et le dernier, encadrant Tiphys, qui n’a pas 
dépassé le premier des quatre chants des Argonautiques, d’Apollonios de Rhodes, pour laisser la place à Ancée. 
Mais le plus célèbre des pilotes n’est-il pas Misène et son cap, déjà évoqué par Virgile dans son Enéide ? Le tort 
de cette épopée ici serait d’être en latin…
b) Car les REALIA convoqués sont aussi grecs, en fait, malgré l’appel du pied initial, IN HOC POPULO : les romains sont 
loin d’être des marins et s’ils apprécient les courses de char, les évocations d’Automédon et Tiphys, puis de Chiron et 
l’Eacide nous renvoient bien à des références grecques. Comme PHOEBE au v. 25. Certes, les augures, romains, sont 
sensibles aux oiseaux ; nonobstant, la traduction universitaire est trompeuse : (ni) «les chants ni les vols d’un oiseau (ne) 
m’ont instruit» pour «nous n’avons pas été averti par la voix d’un oiseau en vol» (= le souffle de l’inspiration)… CLIO, ses 
sœurs et ASCRA sont derechef helléniques. Il n’y a, dans ce passage, que la tenue vestimentaire féminine, toilette 
mentionnée en deux détails très techniques, d’une précision méticuleuse, qui soit proprement romaine, en effet 
d’annonce : Il faut voir, dans ces allusions réitérées au monde grec, en ce début, un contraste avec la suite, puisque la 
chasse à la femme (ce texte fleure parfois la muflerie, voire la goujaterie… d’où la nécessité palinodique du troisième 
livre…)  s’opère bien sûr, dans le réel, donc à Rome… 
v L’annonce du plan relève d’une tension intellectuelle dont la constance et la rigueur raffinée ne transparaissent 
qu’après mûre réflexion sur ce texte, trompé qu’est le lecteur par l’apparente superficialité du sujet : en fait, la 
cohérence interne est totale (cf. le plan de ce passage, déjà étudié), 
a) bien marquée par l’appareil logique ; très souvent implicite, cette concision rend la structure du texte encore
 plus prégnante : une série de courtes phrases sèches, parfois sans le verbe copule (être), asyndétiques, comme en 
constatation objective, avec un jeu subtil du présent (subjonctif, puis indicatif, 1 – 3) au futur (8, DICAR) en passant par 
les imparfaits (ERAT, le dernier en fin  de v. 6) puis le perfectum (PRAEFECIT), pour revenir au présent (deux fois EST). 
S’ensuit la légende d’Achille éduqué par Chiron, toujours asyndétique, après 2 vers (9-10) où les éléments de liaison sont 
nombreux, comme aux vers 19-22. Car ce processus d’asyndète # polysyndète se poursuit ensuite. 
b) soulignée par les 4 derniers vers de l’annonce du plan : PRINCIPIO (début du v. 35), où trouver l’objet de son amour, est 
traité du vers 41 à 364 ; le PROXIMUS du début du 37 de 365 avec PLACITAM de 365, comment la séduire, (cf. PLACUIT) à 
la fin du livre I, le TERTIUS (début v. 38), comment durer, est repris au v. 12 du livre II : on retrouve en fait LONGO 
TEMPORE DURET AMOR,  puis, en II, 101 : VIVAT AMOR  
c) On voit que le plan est confirmé par un ensemble ferme, solidement ancré dans l’œuvre, cf. plus loin par l’écho du 
v. 50 :  «apprends d’abord en quel endroit la jeune fille est abondante» (en mot-à-mot), ANTE FREQUENS QUO SIT DISCE
 PUELLA LOCO… 
v Le tout en épopée, malgré le mètre (avec mise en abyme du texte : cf. LEGERE et OPUS !) 
a) les allusions à celles-ci – par delà les différences métriques, relatives puisque, dans le distique élégiaque, le 
premier vers du distique est bien un hexamètre dactylique – abondent dans cette présentation d’un CARMINE (I, 2, 
34 avec les CANAM en 30 et CANEMUS, fin de 33) de l’amour, CARMEN dont la désignation varie : ARTES en I, 25, 
HOC OPUS en I, 29 en homéotéleute avec USUS, CHARTA en II, 746, LUSUS en III, 809 (relevé non exhaustif). 
1. d’abord, apparemment, l’Odyssée avec la métaphore filée de la navigation
·        Cette dernière festonne cet ouvrage, car l’écriture est un voyage sur mer, cf. I, 770, «Jetons ici l’ancre et 
arrêtons notre navire», HIC TENEAT  NOSTRAS ANCORA JACTA RATES, corroborée par la suite au livre II – notons un 
effet d’onde en écho avec Paris qui DEDIT VELA CANDIDA au v. 6 – aux vers 9 et 10 où lecteur et auteur sont embarqués 
tous deux : «Ton navire est encore au milieu des eaux, et le port, où je tends, est bien loin», MEDIIS TUA PINUS IN 
UNDIS/NAVIGAT, ET LONGE, QUEM PETO, PORTUS ABEST ; thème repris à l’envi aux vers 337-338 : «Mais le vent auquel 
tu avais livré tes voiles en quittant le port n’est plus celui qui, une fois en pleine mer, te convient», SED NON, QUO 
DEDERAS A LITORE CARBASA, VENTO/UTENDUM, MEDIO CUM POTIERE FRETO ; ce voyage est en lien avec les hasards 
de l’amour – n’oublions jamais que le romain est un terrien ! cf. 398 et 400, puis 410 avec son naufrage – ainsi au v. 514, 
 «Le vent ne favorise pas toujours le vaisseau dans sa course hasardeuse», NEC SEMPER DUBIAS ADJUVAT AURA 
RATES ; au reste, le mieux est, non de naviguer, mais d’aimer (même si certaines expressions sont communes ou 
métaphoriques !!!) : v. 721, CANDIDUS IN NAUTA TURPIS COLOR, «un teint blanc choque chez un marin», alors que 
PALLEAT OMNIS AMANS, «tout amant doit être pâle», au v. 726 en allitération en labiales, l’opposition est manifeste ! 
Même si un érotisme feutré fusionne les deux thèmes au livre II, 732-733 :… «il est utile de te pencher de toutes tes forces 
sur tes rames», TOTIS INCUMBERE REMIS/UTILE ; il est révélateur que le thème équestre – que nous aborderons plus 
loin  (sic !) - suit ici immédiatement : «et de donner l’éperon à ton coursier lancé à toute allure», ET ADMISSO SUBDERE 
CALCAR EQUO
·        cette navigation est présente dès le vers 3 : CITAE VELOQUE RATES REMOQUE MOVENTUR, en annonce, au vu 
des citations ci-dessus (déniée ensuite non sans humour – cf. notre deuxième thème ! par la suite au v. 51 : NON… VENTO 
DARE VELA !), corroborées par les multiples occurrences de ce terme poétique, RATIS, pour désigner un navire (I, 172, 
410,556, 770, II, 514, III, 312, 390) ; le terme NAVIS n’est d’ailleurs pas attesté. 
 
2. après la mer, la terre et, explicitement, au rebours de l’ordre chronologique – mais une telle rupture ne 
nous surprend plus chez Ovide -  l’Iliade, (ce qui nous a donc permis d’affecter à l’Odyssée la première évocation de la 
mer!) avec le cocher d’Achille, Automédon (IX, 209) ; Nous nous épargnerons la recherche des références aux chars, à leur 
course dans ce poème… mais une des obsessions d’Ovide, semble-t-il, à en juger par ses allusions réitérées : v. 39, HAEC 
NOSTRO SIGNABITUR AREA CURRU, plus loin aux vers 329, 547, 557 ; II, v. 7, CURRU VICTORE, puis v. 426 et 433, et 
avant la palinodie du 3ème livre, nous retrouvons en conclusion, en fin d’énumération d’exemples, derechef Automédon 
avec son  char, au v. 738. 
 
3. Suivent les Argonautiques chers à Apollonios de Rhodes avec le pilote TIPHYS, repris ensuite en 
inversion avec Automédon, en un jeu de chiasme, encadrant Vénus et son fils, eux-mêmes bien connus au moins avec 
l’Enéide de Virgile et l’épisode de Cupidon/Ascagne (JULIUS !). Ainsi, il y a pléthore de références aux prédécesseurs 
illustres, et non des moindres…
 
4. Chiron : la référence au fils de Cronos, sous la forme d’un cheval, et de Philyra, est loin d’être gratuite puisque ce plus 
célèbre des centaures, non content de former Achille, a aussi éduqué Jason, Asclépios, voire, avant, Apollon lui-même. On 
voit à quelle aune se mesure Ovide… Au reste, cette figure mythologique présente l’avantage de convoquer implicitement 
les quatre épopées que nous venons de citer par le truchement de quatre de ses disciples: le plus connu comme tel est, 
bien sûr, Achille, donc l’Iliade (ce qui a donné lieu à de nombreuses œuvres d’art, la sauvagerie, la liberté du cheval 
s’alliant à la vivacité d’un jeune disciple, une simple recherche sur l’Internet le prouverait à l’envi) mais n’oublions pas 
Ulysse, qu’il aurait aussi formé, donc l’Odyssée ; n’ayons garde d’oublier Jason, donc les Argonautiques – le centaure 
Chiron assistant d’ailleurs au départ de l’expédition d’Argo !) ni Enée, donc l’Enéide. Même si Ovide lui donne l’aspect 
d’un vieux pédagogue, comme quoi le topos, le lieu commun, du professeur chenu, mais expérimenté est bien vivant : 
ANNOSUM SENEM en 14. C’est l’image qu’en donne Ovide dans les Fastes, au livre 5, à partir du v. 384, où Chiron, par 
maladresse sénile, se fiche dans le pied une des flèches empoisonnées d’Hercule. Oui, ce centaure présente l’avantage 
d’évoquer les figures mythologiques les plus chères à un esprit romain… [même si Hercule renvoie à Antoine (dont la 
famille s’affichait Héraclide)… ce qui n’est pas politiquement correct à l’époque d’Auguste - mais nous soutiendrons la 
pertinence de cette remarque jusqu’au bûcher exclusivement] 
 
5. De fait, Hésiode, le poète grec du VIIIe, l’auteur de la Théogonie et des Travaux et des Jours, est lui aussi convoqué aux 
vers 27-28, par le truchement de sa patrie interpelée : ASCRA, en Béotie; tout ceci montre à quelle aune Ovide entend être 
jugé, ce qui est tout à son honneur de poète. 
             
b) Et son texte se veut dans le droit fil d’Homère, en fait le pédagogue, à son insu, de l’antiquité, puisque ses deux 
épopées étaient à la base de la formation des jeunes, comme le sera plus tard aussi celle de Virgile. Ovide ne s’en cache 
pas, il l’affirme haut et fort, comme en exergue et d’emblée : cet ouvrage se veut formateur (cf. notre thème sur le traité) : 
le champ lexical de l’apprentissage et de ses conditions est vaste : NOVIT, DOCTUS (connaissance), REGENDUS (méthode 
coercitive, 2 occurrences, puis PERFECIT, CONTUDIT, POSCENTE, JUSSAS, PARETE, LABORA, LABOR : il s’agit d’é-
duquer, de sortir de la sauvagerie, il y a encore des siècles avant Rousseau; SAEVUS annoncé par les deux 
FERUS/FEROS), APTUS (le résultat, 2 fois, CEDIT), grâce aux efforts du MAGISTER (le formateur, 2 fois) incontournable, 
ARTIFICEM, PRAECEPTOR qui a une visée à long terme : COEPTIS. Et nous ne voulons pour preuve finale que les vives 
proclamations, pour ne pas dire les objurgations qui martèlent le début de cet ouvrage didactique. 
 
c) si, dans une épopée, on attend l’apostrophe soit à la muse inspiratrice, cf. Homère, soit à Vénus, comme dans le DE 
RERUM NATURA, une épopée de la physique, en hexamètres dactyliques comme attendu, ici, après un raccourci 
saisissant (puisque, lu en, à peine, un vers : LEGAT/LECTO, l’ouvrage se montre efficace, voire performatif : AMET ; cette 
démarche sera reprise au vers 363 avec les deux mêmes verbes), c’est Ovide lui-même qui prend la direction des 
opérations, en arguant qu’il se contente d’obéir à Vénus alors que cela s’avère d’emblée captieux : en hyperbate, ME ,en 
COD, objet apparemment passif, est bien au début du v. 7, avant VENUS. Certes, AMOR est évoqué 10 fois (que ce soit 
sous les termes AMOR ou PUER, voire ILLE), sa mère Vénus, pourtant la supérieure du poète puisqu’elle le nomme préfet, 
à en croire le texte, v. 7, seulement 4 fois, alors qu’Ovide l’est 17 fois au moins (soit pronom personnel, soit adjectif 
possessif, soit verbe à la 1ère personne, sg ou pl) sans oublier le VATI PERITO du v. 29. Il pousse même l’humour, en toute 
fausse modestie, jusqu’à rejeter toute influence d’Apollon (NON EGO, PHOEBE, v. 25), il n’attend que l’assistance de 
Vénus (ADES en impératif en fin de v. 30. L’épopée en tant que telle présente de plus un monde viril (la mort de la belle 
Aude tient sur quarantaine de vers dans la Chanson de Roland, les adieux d’Andromaque et Hector ménagent un doux, 
mais court suspens dans l’Iliade). Le vocabulaire est ici d’une mâle brutalité : FERUS/FEROS, y compris son contraste 
brutal avec PLACIDA, EXTERRUIT/PERTIMUISSE, VERBERIBUS, VULNERET, FACES, FIXIT, VIOLENTIUS USSIT,  
VULNERIS ULTOR, MILES IN ARMA, LABOR, EXORARE. Que de termes violents ! Que de figures d’autorité, que 
d’oppositions… On a bien des échos d’épopée…  parfois à contrario : les Muses sont convoquées, pour mieux être 
déniées, CLIO, la muse de l’Histoire au v. 27, puis ses sœurs, sans détail, après Apollon, bien sûr… sans oublier l’image 
du chant de l’oiseau, repris par le poète, en métaphore de la poésie… Car si l’épopée fait appel à l’imaginaire, Ovide se 
place à ses antipodes, il vise le tangible, le réel, peut-on oser : le palpable ? Il se veut ni poète vaticinant (Phébus), ni 
devin, inspiré par, traditionnellement, le chant des oiseaux, ni historien (Clio), ni même «musicien» (cf. les sœurs de Clio), 
mais médecin : il montre comment satisfaire le désir d’amour… A charge pour le lecteur de mettre ses leçons en… 
pratique.